[CR] VDA - L'Hérésie Cathare

Critiques de Jeu, Comptes rendus et retour d'expérience
Répondre
Avatar de l’utilisateur
Chevalier cain
Initié
Messages : 146
Inscription : ven. avr. 14, 2017 1:02 am
Localisation : 92

[CR] VDA - L'Hérésie Cathare

Message par Chevalier cain »

Vous trouverez sous ce post le CR de la partie pour Vampire Dark Ages V20 intitulée "L'Hérésie Cathare"

Les joueurs de cette campagne sont des novices ou très jeunes initiés de l'univers proposé.
Une attention particulière a été prise pour créer de véritables histoires à chaque personnage avec un gros travail sur sa relation avec les humains (famille, amis, contacts, alliés...). Ceux-ci ne sont pas de simples noms et chiffres.

Chaque joueur a déjà réfléchi à l'approche personnelle de son personnage quand à la religion cathare et ils y sont plutôt favorables.

Les protagonistes principaux sont les suivants:
- Michiala du Capel, Toréador, 9e génération, concept de "Chevaleresse en Armes"
- Adalbert le Grand, Brujah, 11e génération, concept d'érudit/philosophe
- Judith de Montpellier, Cappadocien, 9e génération, concept de médecin

 
Avatar de l’utilisateur
Chevalier cain
Initié
Messages : 146
Inscription : ven. avr. 14, 2017 1:02 am
Localisation : 92

Re: [CR] VDA - L'Hérésie Cathare

Message par Chevalier cain »

Episode 01:

 
Avant-Propos
Depuis plusieurs années, le nombre des Purs augmente considérablement, ce qui inquiète beaucoup Rome. Le nombre de Parfaits augmente et ceux-ci contrairement au clergé catholique ne sont pas exempts de travail manuel, ils participent aux tâches accomplies par le peuple et en sont proches. Tous travaillent à expier la faute de la création humaine afin de pouvoir recevoir le pardon.
L’humilité des Cathares est vécue comme une insulte par les Romains à l’opulence ostentatoire et cela fait plus d’un an que la Papauté a proclamé la croisade contre les Albigeois. Alors que le refus sans doute politique du Roy de France, sa Majesté Philippe Auguste de prendre part à l’expédition a donné du répit à la secte des Purs, cela fait plusieurs semaines que les rumeurs de l’organisation d’un Ost armé à la solde des Romains se fait entendre.
Prélude: la première nuit du siège
Où l’on apprend où s'endorment les PJ.
21 juillet de l’an de grâce 1209 – Crépuscule
J’ai mal dormi cette journée, beaucoup trop de bruits et d’agitation. À mon réveil, Eribert m’explique que l’Ost des Chrétiens est en route vers Béziers et s’approche de l’Est. Ce soir, j’ai rendez-vous avec Judith de Montpellier et Adalbert le Grand près de la synagogue. J’avertis Eribert, celui-ci part se coucher et me demande de le réveiller à son retour pour qu’il puisse accomplir son devoir de garde.
En me rendant à la synagogue, je remarque beaucoup d’agitation encore à cette heure tardive, un grand nombre de personne semble se diriger vers l’Est de la ville. En arrivant sur place, je constate qu’Adalbert est déjà là, alors que dans mon souvenir, il loge beaucoup plus loin que moi, il s’est donc probablement levé plus tôt. Judith, couverte d’un châle pour cacher son teint blafard, arrive presqu’en même temps que moi. Alors que nous devisons sur la marche à suivre pour cette nuit, Adalbert accoste un vilain qui passe à proximité pour lui demander l’origine du raffut qui nous entoure. Celui-ci explique alors que l’Armée des Chrétiens est visible depuis le rempart et qu’il se rend sur place pour voir ce qu’il en est. Nous suivons l’homme et sur les remparts Est de la ville, nous voyons dans le lointain un campement armé dont les feux illuminent la nuit tombante. Judith estime que l’ost est à une lieue de la ville et campe sur une lieue. Cette armée est de taille non négligeable, Béziers va être mise à rude épreuve.
Sur ces entrefaites, une paire de moinillons nous accostent sur l’entremise de Frère Batiste, un caïnite du clan Lasombra qui semble gérer la vie nocturne de Béziers. Frère Batiste souhaiterait nous voir tous les trois. Quelle chance que nous ayons souhaitée nous voir ce soir, à moins que le frère ne nous surveille régulièrement et soit au courant de nos faits et gestes…
Nous suivons les frères qui nous dirigent vers le sud-est de la ville et non dans la direction de l’église dans laquelle officie habituellement Frère Batiste. Le trajet que nous fait emprunter les religieux sort de la ville et se rend dans une église fortifiée située à tir d’arbalète des remparts. Le bâtiment est haut, avec des murs épais, facilement défendable, même si moins sûr que les remparts de ville.
À notre entrée dans le bâtiment, l’atmosphère se refroidit brutalement. Je ressens ce froid, malgré ma condition de caïnite. La lumière ambiante est faible, comme aspirée par les ombres mouvantes projetées par les quelques torches éparses. Me sentant mal à l’aise, j’éveille mes sens pour essayer de dissiper un peu l’aura surnaturelle des lieux qui me met mal à l’aise. Après un petit vestibule, nous nous trouvons face à un grand escalier permettant de monter dans les niveaux ou de descendre dans les profondeurs de la terre. Les deux guides nous font monter les escaliers jusqu’à une antichambre qui s’ouvre par des grandes portes sur une grande salle au centre de laquelle trône une table entourée de chaises. Plusieurs silhouettes en robe de bure sont attablées et penchées sur ce qui ressemble fortement à la carte schématique des alentours de Béziers. À notre arrivée, la silhouette présidant la tablée se lève et nous reconnaissons Frère Batiste. Il libère les autres moines l’entourant pour nous inviter à le rejoindre. Il nous propose de nous restaurer, Adalbert saute sur l’occasion et se restaurent sur l’un de nos guides qui tend le poignet.
Frère Batiste nous met au fait des derniers évènements, en nous apprenant que la croisade est dirigée par un simple Abbé répondant au nom d’Amaury. Outre sa petite origine, il s’agit d’un membre du clergé qui n’est pas issue de la hiérarchie mais qui aurait l'oreille papale, ce qui pose des questions sur les moyens qu’il dispose pour que le pape lui donne la responsabilité d’une croisade…
Il y a deux jours, l’ost des croisés était posté chez un vassal du seigneur de Tancravel, Vicomte de Béziers. Sur demande des croisés, le seigneur local a donné les Purs aux croisés et cinquante famille ont été brûlées sur le bûcher.
Le même jour à Béziers, l’évêque de la ville a fui la cité en compagnie de fidèles et des soldats chargés de la sécurité de la cité.
Hier, un message des croisés est parvenu au conseil de la cité, citant 200 noms de soi-disant hérétiques avec leur lieu de résidence usuelle, le message étant clair, livrer ces hérétiques ou subir un siège punitif. La liste comportant des noms de personnes importantes et surtout un certains nombres n’appartenant pas aux Purs, le conseil a refusé l’ultimatum. Dans cette liste se trouverait le nom d'Adalbert ainsi que le lieu de son refuge.
Frère Batiste compte sur nous et probablement un certain nombre de nos semblables pour aider la cité à surpasser cette épreuve. L’idée est de « jouer la clepsydre » comme aime à dire certains érudits, c’est-à-dire compter sur le fait qu’un croisé ne s’engage que pour une durée théorique de 40 jours et qu’après il est libéré de son engagement (et lavé de ses pêchés). Comme la ville est bien préparée avec de bonnes défenses, des greniers pleins et une garnison comptant une force de 200 chevaliers, il semble possible de forcer le siège à durer plus de 40 jours. Ce qui nous pousserait sur la fin d’aout et les moissons. De plus, une grande partie de la levée, libérée de son engagement, préférera retourner faucher les blés plutôt que perdre la vie dans un siège long et une saison de récolte.
Frère Batiste nous propose donc d’aider à la défense de la cité, notamment dans la recherche et l’élimination de traîtres et d’espions potentiels. Suite à notre accord, le religieux caïnite nous engage à le suivre pour rencontrer le chef de son ordre, la Curie Écarlate. Nous entamons une longue descente par l’escalier du vestibule dans les profondeurs de la terre, les ombres nous semblent de plus en plus vivantes et avides de la faible lumière projetée par les torches. L’atmosphère semble encore se refroidir au fur et à mesure de la descente. Au bout d’un moment long et incertain, Frère Batiste s’écarte de l’escalier pour nous amener à une salle à la décoration dans la même simplicité que le reste de l’église mais dénotant que l’occupant des lieux est le maître des lieux par quelques touches subtiles, comme une ou deux bagues sans doute en or et un symbole religieux gravé d’or et d’argent sur la robe simple de l’individu qui nous accueille. La table simple et solide et les chaises qui meublent la salle sont d’excellente facture mais sans ornements ni fastes renforcent cette symbolique de pouvoir.
Le maître des lieux se lèvent pour nous accueillir, c’est un disciple de Caïn, ayant un visage entouré d’une barbe grisonnante et couronné par une tonsure. L’homme au teint hâlé des hommes du sud des Pyrénées ayant une apparence d’une quarantaine d’année avec un léger embonpoint, congédie Frère Batiste d’un signe de la tête, ce qui semble surprendre le religieux.
Il nous invite à nous asseoir avec lui à la grande table. Devant lui, quatre chaises sont préparées, alors que Frère Batiste quitte les lieux, je m’assoie en face de l’Ancien. C’est un Lasombra, probablement le sire de Batiste, il s’appelle Alvaro, Inès Dolorès de Santiago. Il dirige Béziers par l’entremise de Batiste mais refuse de se faire appeler Prince. Après des présentations en bonne et due forme, il nous confirme que Frère Batiste occupe le rôle habituellement dédié à l’intendant du Prince. Son attitude plutôt désinvolte presque méprisante à l’égard de Frère Batiste semble confirmer que celui-ci serait son infant, à vérifier.
Maître Alvaro souhaite que nous l’aidions à sauvegarder la cité mais sans que nous nous sentions contraints. C’est une attitude assez rare, qui soit montre une ouverture d’esprit peu commune chez un ancien, surtout avec un statut de prince, soit démontre la faiblesse actuelle de sa position. Il nous expose sans détour la situation qui ne semble pas forcément en faveur de notre camp. J’espère que nous avons bien choisi, mais parole donnée ne peut être reprise.
Dame Esclarmonde la noire de Toulouse refuse d’assister Béziers et semble par ailleurs miner les efforts faits pour défendre la ville en détournant une partie des forces du Vicomte pour défendre Carcassonne. La Centurie des Épines dirigée par Guillaume, prince d'Aix, ne peut aller à l’encontre de la décision d’Esclarmonde sans se mettre en danger, mais n’est-ce pas qu’un prétexte ? Face à l’opposition, l’union nous permettrait de vaincre, mais comme toujours la désunion liée à la méfiance triomphe…
Père Alvaro envisage semble-t-il de nous envoyer à Foix comme émissaire pour mander l’aide du Prince local, qui est de mon clan, mais il hésite car nous pourrions aussi commencer des négociations avec le vassal du Prince-Régent Alexandre au sein de l’Ost des Croisés, Éon de l’Etoile. N’appartenant pas à la Curie Écarlate, nous restons semble-t-il légitime pour traiter avec les Ventrues à la tête de l’Armée croisée. La Curie suit, en effet, les écrits de Michel de Patriarche en contradiction avec le dogme Ventrue. Père Alvaro semble particulièrement intéressé par mes sires, je dois essayer d’entrer en contact avec elles pour leur narrer ma rencontre.
La Curie semble diviniser les étreints et utiliser les rites de la religion chrétienne, notamment la communion pour lier les croyants avec leur vitae. Je ne sais pas si les Moires sont en accord avec cette pratique…
Le maître de la Curie, nous livre d’autres informations, notamment sur l’origine probable de la liste des deux-cents. Une des goules curiste a disparu, il y a quelques temps. Cette personne répondant au nom de Sicard est probablement tombée aux mains des croisés qui l’on passée à la question.
L’Ancien Lasombra nous relate ensuite un fait qui pourrait illustrer une autre raison pour laquelle le conseil a refusé l’accès de la Ville aux Croisés. La Curie Ecarlate est semble-t-il en possession d’un trésor, mais il manquerait une clé pour utiliser ce trésor, clef cachée au sein de la Ville. Il va sans dire que si un fidèle d’Éon de l’Etoile s’approprie cette clé, cela nuirait fortement à la Curie.
Après cette pléthore d’informations, Père Alavaro nous propose de rester en sécurité ce soir dans ce refuge puis nous sommes congédiés. En quittant la salle, personne n’est là pour nous guider dans la pénombre qui nous entoure et les ombres me semblent particulièrement agressives. Je doute que ma lame puisse me défendre efficacement donc je presse le pas pour quitter cette atmosphère malfaisante. Après avoir grimpé les escaliers quatre à quatre, je retrouve le rez-de-chaussée et continue à monter à une allure moins pressée vers l’étage où nous avions rencontré Frère Batiste.
La table toujours présente avec la modélisation sommaire de Béziers et de ses environs. Nous avons devisé avec le sénéchal une stratégie de défense axée sur trois points :
  • Défense des points névralgiques de la cité : poternes, portes et tous points d’accès directs à l’extérieur des remparts, puits, greniers et points de stockages de nourriture. À garder jours et nuits par des équipes de 4 ou 5 « gardes/miliciens » ne se connaissant pas;
  • Préparer la défense de la cité : raser les maisons très proches des remparts pour éviter qu’elles servent de couvert pour une approche des assiégeants, défendre les murs avec miliciens et des volontaires issus de la population, préparer des chaudrons de sables chauds pour brûler les assiégeants tentant de grimper les murs ou de forcer les portes de la cité. Ce point ne semble guère plaire à Frère Batiste;
  • Réduire les capacités de l’ost ennemie : menacer l’ost ennemie par une sortie de la centaine de chevalier sans chercher le combat pour forcer l’ennemi à ne pas découvrir son flan et donc réduire sa capacité à attaquer sous peine de voir son campement anéanti.
Nous n’avons pas évoqué d’éventuelles attaques du campement ennemi par des petites équipes de saboteurs, mais cela ne me semble pas une excellente idée, la présence probable d’Harnulf le dépravé et de ses éventuels alliés lupins dans les parages présente un risque trop important pour ce genre d’équipée.
Suite à cette discussion stratégique, Frère Batiste nous enjoint à loger sur place, je lui demande donc d’envoyer un messager à Eribert pour que celui-ci ne s’alerte pas. Je joins évidemment mon sceau au message pour certifier son origine, puis part me coucher avant que l’aube ne se lève. Nos chambres sont en sous-sol au milieu des ombres intrigantes, je passe une très mauvaise journée entre les ombres à la beauté étrange et des cauchemars sur mes enfants ou les atrocités d’Harnulf. Seul bémol, le moine dédié à mon service est très prévenant avec un joli minois et son sang est délicieusement charpenté.
Prélude: une messe pour Béziers
Où l’on apprend que Béziers est dirigée par des hérétiques.
J'ai assisté à une messe Curiale : un rituel ressemblant à une messe avec un prêche religieux basé sur l’introduction d’une relique représentant trois phalanges formant un doigt et la phrase rituelle « Voici la parole de Pléroma », un sermon donné par un prêtre originaire du sud des Pyrénées sur Dieu et sa relation à l'Amour, une communion faite à base de sang de damné donné par le Père Alvaro dilué dans de l’eau (probablement).
Ont assisté à cette messe : une grande partie des membres du conseil de la cité et quelques artisans sélectionnés. Cette assemblée représente le gratin de la cité et semble liée par une sorte de serment magique probablement lié au sang du maître de la Curie.
Fait Notable : Adalbert le Grand (en tant qu’Ami des Bons Hommes) a été invité à participer à la communion en donnant son sang pour qu’une nouvelle communion soit faite.
Fin du rituel : message donné par Alvaro en fin de messe, un des leurs a disparu, probablement l’espion que vous avez trouvé et questionné. Il recommande aussi de rester discret car les forces de la Curie ne sont pas encore assez puissantes.
 
 
Autres éléments apportés par les autres joueurs:
Faisant chambre à part de ses camarades, Judith de Montpellier se retrouve seule. Elle partit se coucher rapidement en espérant récupérer de cette journée. Malheureusement pour elle, elle passa une très horrible nuit et à son réveil, elle remarqua quelque chose, une glyphe écrite sur la porte de sa chambre jusqu'alors cachée par les ombres.
Image
Mais le plus déconcertant fut le fait que l’ombre de Judith ne suivait pas complètement ses mouvements normaux, elle semblait décalée, comme si elle était détachée de son corps et vivait sa propre vie. Dès qu’elle retrouvera Adalbert et Michiala, elle leur fera part de ses découvertes.
En regardant de plus près, devant chaque chambre se trouvait plus ou moins le même symbole caché par les ombres.
 
Répondre