Introduction et inspirations technologiques
Amelia, community manager chez CD PROJEKT RED, introduit Mike Pondsmith lors d'une visite du studio à Varsovie pour répondre aux questions de la communauté polonaise. À la question de savoir d'où vient son inspiration pour la cybertechnologie, Mike explique qu'il effectue d'énormes recherches en lisant des magazines, des informations en ligne et des livres scientifiques pour s'assurer que ses designs sont réalistes. Chez R. Talsorian, ils ont même eu du personnel dédié à la recherche, s'abonnant à des publications spécialisées comme le Jane's Defence Weekly ou le NSA Journal pour rester à la page.
La philosophie de Cyberpunk
Interrogé sur ce qui différencie son Cyberpunk des autres, Mike précise que dans un JdR, il n'est pas amusant d'être un "perdant" total. Cyberpunk ne traite pas de héros au sens classique, mais de "petits héros" qui se sauvent eux-mêmes et protègent ce qui leur tient à cœur dans un monde corrompu. Il insiste sur le réalisme du quotidien : comment les gens mangent, dorment et perçoivent le matériel informatique. Dans son univers, la technologie n'est pas un super-pouvoir mais un élément banal, comme nos smartphones actuels ; changer une partie de son corps y est aussi commun que de se faire un tatouage ou une chirurgie esthétique.
Le lien entre Cyberpunk RED et 2077
Mike révèle que le nom "Cyberpunk Red" a été choisi par pur hasard (en raison du code couleur graphique chez Talsorian) bien avant sa collaboration avec CDPR. Le développement de Red et 2077 est très collaboratif ; Mike travaille étroitement avec Patrick (de CDPR) pour coordonner les chronologies. L'objectif était de simplifier le monde pour le rendre à nouveau stimulant, ce qui a naturellement conduit à l'évolution vers 2077. Ils ont ainsi défini l'état des corporations, comme Militech, entre 2020 et 2077 en tenant compte des guerres passées.
L'atelier de création
Mike dispose de deux bureaux : l'un chez Talsorian pour les affaires et la mise en page (équipé d'imprimantes 3D), et son bureau d'écriture personnel à la maison. Ce dernier est un petit espace entouré de bibliothèques et d'une immense table. Il travaille mieux entouré de jouets (G.I. Joe, Transformers) qui lui servent de points de repère, dont une réplique du pistolet de V ou même des statues de My Little Pony équipées de mitrailleuses.
La Pologne et son rôle dans l'univers
Mike exprime son affection pour la Pologne, appréciant l'humour sarcastique des Polonais et la nourriture locale, notamment le Żurek. Il confirme que la Pologne sera représentée dans un futur supplément sur l'Europe. Dans le lore, comme Varsovie et Poznań n'étaient pas des centres militaires majeurs lors de la Quatrième Guerre Corporative, elles ont été relativement épargnées contrairement à Paris ou Londres, devenant ainsi de nouveaux centres de réorganisation pour l'Europe.
Évolution et mise à jour de la technologie
Mike s'inspire désormais de la technologie réelle, comme les communautés mobiles ou les prothèses modernes. Il mentionne l'existence de sacs à dos pare-balles dans notre monde actuel comme un signe que nous vivons déjà dans une forme de cyberpunk.
Concernant la mise à jour du Net, il explique que dans l'univers 2020, Apple n'existant pas, les interfaces de type "pages web" n'ont jamais été inventées. Le Net y est donc issu de l'ARPANET, avec des interfaces spatiales parce que les militaires ont privilégié les puces biologiques branchées directement sur les nerfs optiques plutôt que les écrans. Bien que les communications et l'armure soient simplifiées pour le jeu, les fondamentaux restent : les gens utilisent des téléphones, conduisent des voitures et tirent avec des armes à feu car ces technologies fonctionnent, même sous l'eau ou dans l'espace.
Enfin, Mike se dit honoré et impressionné de voir son "enfant de papier" devenir un jeu vidéo d'une telle envergure, saluant le talent et l'énergie cérébrale investis par CDPR dans son œuvre.