Morningkill a écrit : ↑mar. sept. 29, 2026 8:18 am
Tybalt (le retour) a écrit : ↑lun. sept. 28, 2026 11:45 pm
Je parlais de la vitesse de l'emballement de l'affaire sur les réseaux et dans les médias.
Mais.. bienvenu en 2026...
On est d'accord que c'est un non-argument. Un traitement déshumanisé et violent d'une personne n'est acceptable à aucune époque, point.
Morningkill a écrit : ↑mar. sept. 29, 2026 8:18 amJe viens de comprendre une autre partie de mon agacement sur ce cas. C'est qu'en même temps, je vois que dans mes (autres) hobbys, "les gens" en sont a interdire l'IA de facon systématique [2] (
https://www.rascal.news/uk-games-expo-b ... ew-policy/ ), une bonne partie des joueurs de jeu video (enfin, ceux qui s'expriment sur internet..) pareil , on a vu ici même la reception de des créateurs qui parlaient d'utiliser l'IA, mais la, ok, ca passe crème.
On est pile dans ce qui me désole avec les "débats" actuels : une binarisation et une polarisation faciles, dues à une précipitation générale. Personne ici n'a dit que ça ne posait pas problème que Thélyson Orélien ait utilisé l'IA pour son livre sans le dire. Je me demande par quelle opération magique un appel à la prudence avec les emballements médiatiques, un avertissement contre les dangers du
dogpiling et un rappel sur le fait que rendre la justice prend du temps, deviendrait une affirmation de son innocence.
C'est une simple question de droits humains. Les violations des droits humains, c'est comme la mort : c'est une notion qui peut sembler vague et abstraite, jusqu'à ce qu'on soit directement concernés, et là on se rend compte qu'on aurait dû s'en préoccuper beaucoup plus tôt. Là, c'est pareil.
Comme Sarr le rappelle bien, le "deux poids, deux mesures" est assez flagrant. En 2026, le chercheur et écrivain Étienne Klein a été contraint de prendre sa retraite après avoir perdu sa thèse de doctorat puis son poste, après qu'Arrêt sur image
a prouvé que sa thèse était un tissu de plagiats. Si on prend l'exemple du site Actualitté, Actualitté a consacré 4 articles à l'affaire sur tout le mois de juin (résultats d'une recherche "etienne klein" sur le site), sachant que les révélations remontent à 2024. Neil Gaiman et les violences sexuelles ? 16 articles depuis 2024. Dans le cas de Thélyson Orélien, on en est à 12 articles en... une semaine (depuis le 22 septembre), mis en avant dans
un dossier intitulé sobrement "la grande déflagration".
Ce sont des statistiques du dimanche (en retard, en plus, vu qu'on est mardi) mais je serais très curieux d'un travail plus rigoureux sur plusieurs médias de masse.
Vorghyrn a écrit : ↑mar. sept. 29, 2026 10:37 amle problème c'est que la question de savoir si Orélien "a utilisé l'IA" * ou pas est purement technique (et reviens en gros à "est-ce qu'un outil peut détecter ça de manière raisonnablement fiable ?").
Or Sarr n'a que des arguments philosophiques, bien écrit certes (c'est son métier), mais qui ne répondent pas à la question.
Ce n'est tout simplement pas le sujet de sa tribune. Sarr ne prétend pas répondre à la question "y a-t-il eu utilisation d'IA", mais :
- apporter des éléments de contextualisation sur l'emballement médiatique autour de cet auteur,
- publier un appel à la pondération et à un traitement humain des gens.
Ce qui me paraît tout aussi important.
Une chose me turlupine dans cette affaire (et Sarr n'en parle pas) : c'est qu'on se concentre sur la personne de l'auteur en mettant commodément sous le tapis le rôle de Grasset. C'est à l'éditeur de sélectionner ses manuscrits correctements, y compris sur ce genre de critère. Boréal, l'éditeur de Thélyson Orélien au Québec, et notamment de
C'était ça ou mourir, a publié
un communiqué, avec prudence et nuance. Maintenant, regardons les réactions de Grasset. On s'attendrait à ce que Grasset fasse profil bas et se montre un minimum prudent. Mais non : plus Grasset communique, plus Grasset en rajoute dans l'outrance en hurlant au racisme. Grasset qui appartient à Bolloré, pendant que les médias de Bolloré s'acharnent à fond contre Thélyson Orélien. Un moyen de faire un "bad buzz is still buzz" pour doper encore les ventes ? Parce que pour l'instant, le résultat principal, c'est que le livre est énormément plus abordé dans les médias (y compris la Bollorésphère) que le reste de la rentrée littéraire. Donc oui, prudence avec les polémiques qui ont des allures d'opérations (ou du moins, de récupérations) politico-médiatiques.