cdang a écrit : ↑mar. mai 26, 2026 9:36 am
Erwan G a écrit : ↑lun. mai 25, 2026 10:42 pm
filmant mollement des "combats" de catch qui feraient passer Balzac pour un auteur de romans d'aventures.
Pour ça, les premiers James Bond (britanniques, certes) et des films comme
les Chasses du comte Zaroff sont délicieux.
Il faudrait que je revoie des films de cape et d'épée ou de pirate voir ce que ça donne. On est vraiment dans la notion de chorégraphie ; les É.-U. d'A. ont importé la chorégraphie de Hong Kong pour les combats à mains nues, mais je pense qu'ils la maîtrisaient pour les combats à l'arme blanche ; j'ai des souvenirs des
Aventures de Robin des Bois de Michael Curtiz (1938), des
Trois Mousquetaires de George Sidney (1948)
évoqué un peu plus haut (pour le coup, la notion de chorégraphie avec Gene Kelly

) ou du
Corsaire rouge) de Robert Siodmak (1952, avec Burt Lancaster)... Je les ai revus il y a moins de 15 ans, donc mes souvenirs ne sont pas trop moisis mais...
De même pour les combats à l'arme à feu, il faudrait que je revoie des western et des films de guerre, regarder l'apport du western spaghetti.
Mais une grande évolution des années 1990-2000 me semble avoir été l'adoption du gros plan dans les combats, et de la notion de tumulte et de chaos, là où avant on avait des plan plutôt éloignés et des combats très lisibles.
Pareil, tous revus sur les 15-20 dernières années.
Des bijoux, et il y en a d'autres.
Alors pour "
le corsaire rouge", Burt Lancaster faisait encore ses acrobaties (il avait été acrobate de rue), pour les "
les 3 mousquetaires", Gene Kelly "danse" ses combats, pour "
Les aventures de Robin des bois", il y a Basil Rathbone, considéré comme l'un des tous meilleurs escrimeurs hollywoodiens de cette époque (deux fois champions quand il était militaire).
Les scènes d'escrime étaient chorégraphiées par des maîtres d'armes venus d'Europe
Je cite ce qui est dit pour "
la marque de Zorro" où il incarne le méchant face à Tyrone Power :
Basil Rathbone, who played Captain Esteban Pasquale, was considered one of the best fencers in Hollywood at the time as he was a two time British Army fencing Champ. This duel was choreographed by the Hollywood fencing master, Fred Cavens, who had immigrated from Belgium.
Most of the “choreographing” was simply actual fencing.
For the more demanding exchanges, Cavens used his own son Albert to double for Tyrone Power.
But according to Rathbone, Power was no slouch with the blade himself and commented: “Power was the most agile man with a sword I’ve ever faced before a camera. Tyrone could have fenced Errol Flynn into a cocked hat.”
L'un de mes chouchous de cette époque 1935-1955, c'est "
Scaramouche", avec ce qui est considéré comme
le plus long duel du Hollywood classique (dailymotion).
Stewart Granger (James Stewart de son vrai nom, mais c'était pris) a fait pas mal d'autres films de cape & d'épée et / ou avec duel.
Avec S. Granger, T. Power et d'autres,"
Le cygne noir", "
Captain Blood", "
L'aigle des mers", "
Le prisonnier de Zenda" (versions 1937 et 1952), "
les contrebandiers de Moonfleet", "
La flèche et le flambeau" ont tous au moins une scène de duel / escrime.
Et puis il y a les films muets de Douglas Fairbanks.
Ce n'est pas la plus belle escrime, mais les duels et combats sont vifs, énergiques, et comportent des touches d'humour : "
la marque de Zorro", "
Don Q fils de Zorro", "
les 3 mousquetaires", "
le pirate noir", "
Robin des bois"...
(à noter que c'est déjà Alan Hale qui joue "Petit-Jean / Little John", et qu'il reprendra le rôle en 1938 avec Errol Flynn, puis encore en 1950 avec John Derek).
Le western spaghetti s'inscrit tout de même dans une certaine continuité d'Hollywood en déformant la forme.
Mais dans "
My darling Clementine" de John Ford, la première chose que fait Henri Fonda en arrivant en ville, c'est de passer chez le barbier et les bains, il est sale et se sent sale.
Dans "
Un roi et 4 reines" de Raoul Walsh (western non dénué d'humour), Clark Gable arrive en ville, le premier truc qu'il fait au saloon après avoir commandé son whisky, c'est de se raser. Et il utilise son whisky comme "after shave" (j'avais trouvé ce détail brillantissime).
Sinon, quelques combats de saloon dans lesquels tumulte et chaos sont pas mal présents, c'est dans "
dodge city" avec Errol Flynn,
"les écumeurs / the spoilers" avec John Wayne (
le gros plan vers 2'40 est assez évocateur (YT), avec la main sur la "gueule" de l'adversaire). Les films de Richard Thorpe sont pas trop mal dans le genre aussi.
Et la scène de baston la plus impressionnante à la fin de la "grande période" hollywoodienne, ce sont
les 40 premières secondes de cette scène de "
Naked kiss (police spéciale)" de Samuel Fuller : pour être au plus près des coups, la caméra est accroché sur le ventre de l'opérateur qui "reçoit" les coups en caméra subjective : on ne peut pas plus proche comme gros plans !
Tout comme le cinéma hollywoodien s'est nourri des premiers maîtres européens (et en a attiré de nombreux après 1918), le western spaghetti ou le cinéma de HK se sont nourris du cinéma hollywoodien classique.
L'essentiel à mon sens, c'est qu'ils s'en sont nourris tout en s'en démarquant et en trouvant une voie propre.