Dernières lectures:
"Le blanc à lunettes", de Georges Simenon
Lorsqu’un avion fait un atterrissage forcé dans une plantation de café, au Congo, Ferdinand Graux, le patron de cette entreprise se voit forcé d’héberger sa passagère blessée, lady Makinson, ainsi que son pilote, le capitaine Philps. Leur avion est tellement endommagé qu’il ne peut redécoller rapidement, ce qui entraîne une certaine promiscuité entre Ferdinand et les deux étrangers…
Ce roman de 1937 repose avant tout sur le respect des conventions et de la morale à l’époque où il a été écrit… Autant le dire tout de suite: pour cette raison, il a assez mal vieilli. Il reste néanmoins un témoignage intéressant du passé colonial, et peut potentiellement servir d’inspiration à un maître de jeu désireux de maîtriser dans ce cadre.
"Alaska", de Fabcaro
Emilien Borie est un écrivain quelque peu déprimé depuis que sa femme l’a quitté et qu’un critique littéraire a descendu en flammes son dernier roman dans une émission télévisée. Alors qu’il se balade dans la rue, un de ses anciens camarades de classe le reconnaît, et pose avec lui pour un selfie, rapidement posté sur les réseaux sociaux… Problème: le camarade en question est connu pour ses accointances avec le milieu néo-nazi. Alors que les réseaux s’emparent de ce nouveau scandale, Emilien subit une descente aux enfers au cours de laquelle il a bien du mal à ne pas perdre les pédales.
Comme toujours, Fabcaro a le chic pour nous camper un anti-héros quelque peu pathétique et complètement dépassé par les événements. Une assez bonne pioche.
"La stratégie du hors-jeu", de Thomas Gunzig
Thomas Gunzig était présent aux Utopiales, et j’en ai profité pour acheter quelques volumes qui me manquaient.
Dans ce court texte (66 pages) qui tient plus de la pièce de théâtre que du roman, un entraîneur sportif présente à une inconnue ses “quatre théories sur la vie”, basées sur sa propre expérience.
Comme souvent avec cet auteur, c’est assez noir et quelque peu grinçant. Mais on se surprend à se reconnaître dans les leçons de vie de cet entraîneur, à tout le moins en partie.
"Heureux comme jamais", de Guillaume Chamanadjian
Egalement acheté aux Utopiales après avoir assisté à une conférence où l’auteur était présent, j’ai lu celui-là pendant le trajet de retour.
Le pitch: alors que la Terre était sur le point de mourir, quelques milliers de milliardaires se sont enfuis dans un vaisseau spatial en direction de Callisto, qui devrait être terraformée à leur arrivée. Alors qu’il leur reste quelques mois de voyage pour atteindre leur objectif, ils reçoivent une communication de la Terre, qui les informe, en substance, que ceux qui sont restés ont trouvé une solution aux problèmes climatiques, et qu’ils peuvent revenir. Cette communication va entraîner des dissensions aux conséquences terribles entre le chef de l’expédition et les passagers du vaisseau…
Je dois dire que j’ai beaucoup ri à la lecture de ce roman, qui met en scène des milliardaires à l’ego démesuré, qui ne peuvent s’empêcher de prendre des décisions absurdes et déconnectées, même lorsque leur propre survie est en jeu. Un régal.