Et, donc, alors que Leddicus de Silchester, fils d'Aurélius, petit fils de Marcus (RIP), Yffan, petit fils d'Afdan (RIP) par sa fille, et Aêl, fils de James, fils d'Edward (RIP) sont dans les terres féériques, aidant les Seelies comme certains chevaliers ayant répondu à l'appel de Peléas.
Les aventures se sont enchainées, la bataille du lac d'argent a eu lieu puis les quêtes individuel, Yffan chassant le cerf aux bois d'Obsidienne, maléfique créature corrompu, Leddicus accompagnant Morga éclat de vert la driade, Eluned l'enchanteresse Sidh, le prince Abzin, un nain et Sildia une charmante driade pour guerir le bosquet central d'Ailil de la racine du givre, deux quête couronnés de succès; Et puis Amren, lui s'engagea avec Thalion le maître des lames, un Sidh, et Dodinas le sauvage pour suivre Rhun des chemins secrets jusqu'a la cathédrale des épines, lieu de pouvoir de la reine Maeve maîtresse des Unseelies... et là, ce fut le drame, Thalion fut tué, puis Dodinas et, enfin, Amren, sombra dans la folie tentant d'invoquer sa passion.
Je n'avais pas prévu que celà se passe ainsi, d'autant moins que, durant le combat, le champion de Maeve manqua de mourir, je me retrouvai avec Amren a la merci de Maeve la grande méchante.
Tuer le joueur était une possibilité. Trop définitive cependant.
Mais il y avait bien pire, nous sommes au crépuscule du monde. Et le mal se fait pire encore que celui des âges barbares saxons.
Par ailleurs, un PNJ Ilariël est un allié des joueurs depuis beau temps, c'est une princesse Sidh, chasseresse qui a pris beaucoup d'importance dans le jeu, il se trouve qu'elle est aussi au coeur d'une prophétie, à savoir que tant que la princesse vierge n'aura pas chuté, jamais ne tomberont les royaumes féériques. Maeve, d'ailleurs dans « Le velours et les dagues » avait déjà essayé de la tuer.
Elle l’a donc ensorcelée, jouant sur son désir réél, afin qu’il viole Ilariël, quand il en aurait l’occasion. Projet facilité par le fait qu’il possède la confiance d’Ilariël, celui-ci ayant été son écuyer, ayant vécu des aventures avec elles, et l’aimant depuis des années.
Ce qui s’est produit, tous les jets pouvant aller a l’encontre de cette résolution échouant.
J’ai donc assumer et le viol a eu lieu.
Ce qui nous a valu un grand moment de roleplay du joueur, basé sur la haine de soi, l’aveu public et la culpabilité, non seulement vis-à-vis d’Ilariël mais du camp Seelie dans son entièreté. Mador de la porte, voulait qu’il soit exécuté, d’autres ont pris sa défense puis est, finalement, apparu qu’il avait été envouté (ce qui, d’ailleurs n’a rien retrancher ni a sa dépression ni a sa honte).
A sa demande, il a donc créer la passion Haine (de soi) , parallèle notable, celui qui les a vaincu, le champion de Maeve éprouvait la même passion.
Quoi qu’il en soit un fort moment de JDR, improvisé de part la tournure imprévu des événements, mais qui rajoute toujours, à la texture, intense du jeu, et le côté a la fois merveilleusement beau du royaume des fées, et terriblement cruel.
Ci-après, la lettre que, quinze jours après les faits, le personnage d’Ilariël a envoyé au personnage, car quitte a mettre en jeu un viol, celui-ci ne saurait être anodin.
Amren,
Il m'est difficile de prendre la plume pour t'écrire. Il le faut pourtant.
Je suis née au royaume de Valleyrun, fille du roi Rivalean et de la reine Aeloria. Mon enfance a été belle — j'avais un père aimant et, surtout, une mère que j'adorais.
J'étais encore jeune quand ils furent tués par le Duc Veyrith de Cairnalis, un seigneur Unseelie. Longtemps après, c'est la vengeance qui m'habita. Durant des années, je traquai un par un ceux qui avaient outragé ma mère. J'y montrai beaucoup d'audace, de haine et de cruauté. J'ai versé beaucoup de sang et n'ai accordé aucun pardon.
La mort ne suffisait pas.
Il fallait aussi la souffrance.
Avec le temps, j'ai découvert autre chose — et la rencontre avec ton père James et ta mère Flora n'y fut pas pour rien. Ta famille était belle. Ton père tendre, tant avec son épouse qu'avec ses enfants, et Flora était une femme formidable, une mère admirable. C'est auprès d'elle que la joie est revenue en mon cœur. La voir s'occuper de vous, sentir sa bonté, cet amour sans nuances, me rappelait ma propre mère.
Je crois que c'est grâce à cela que je suis restée Seelie, dans la lumière, alors que les ombres m'entouraient et m'attiraient, irrésistiblement.
J'ai été heureuse de te prendre sous mon aile, de t'éduquer à la chevalerie, heureuse de faire plaisir à ton père et d'honorer la confiance qu'il me témoignait.
La guerre a commencé. Et parallèlement, paradoxalement, mon cœur s'est ouvert. J'ai aimé plaire à Thalion, à toi, à d'autres. Ma virginité me pesait, d'une certaine manière. Je jalousais les plaisirs du cœur et du corps que d'autres arpentaient librement. Par orgueil, sans doute, et comme pour jouer avec ce manque, je crois avoir pris un certain plaisir à me faire désirer. C'était naïf, certainement idiot, mais il n'était pas si facile de me priver de cette vie, de ces plaisirs, d'être différente des autres.
Je voulais trop, et tout à la fois, être la princesse vierge, championne des royaumes féériques, et de l'autre, une Sidhe désirable.
Peut-être même Thalion et toi n'êtes-vous partis dans cette quête dangereuse que pour m'impressionner, pour me prouver votre valeur. Là aussi, j'ai fauté. J'aurais dû vous en empêcher, être plus sage. Mais j'avais confiance en vous, confiance en votre courage, en votre valeur, et sans doute étais-je aveuglée par l'idée que je me faisais de l'inspiration que vous puiseriez dans votre amour pour moi.
Je suis fautive de sa mort. Fautive de ta peine. Fautive, aussi, de mon propre malheur.
Car tout cela s'est achevé, et le printemps est mort.
Je t'écris depuis la fenêtre de ma chambre, à l'heure où le jardin est encore dans l'ombre et où Thalorien se tait. C'est la seule heure où je parviens à tenir une plume sans que ma main tremble.
Te détester, te haïr, ce serait donner une victoire de plus à Maeve. Ce serait aussi une injustice, car c'est elle qui m'a violée, à travers toi. Eluned me l'a dit, tu as été ensorcelé, et, Là aussi, j'aurais dû être plus vigilante.
Mon corps a été déchiré, mon cœur écrasé, mon âme dévastée.
Les blessures physiques ont été brutales. Cette intimité que je préservais, pour le bien commun, croyais-je, m’a été arrachée avec violence. De celles-là, sans doute, me remettrai-je.
Mais pour mon cœur, c'est bien différent. J'ai été dominée, vaincue, soumise, et j'ai senti la peur. Je n'avais plus pleuré depuis la mort de ma mère, et j'ai pleuré des jours et des nuits, sur tout ce que j'avais perdu. Ma confiance. Ma magie. Mon pouvoir. Mes espoirs. Et deux amis.
Oui, deux amis, car j'ai perdu mes deux plus grands défenseurs, Thalion et toi, et rien ne sera plus comme avant.
Moi qui jalousais tant les autres, moi qui imaginais quelles seraient mes plaisirs après la guerre, mes rêveries intimes sont devenues des cauchemars de souffrance et de peur.
Moi qui aimais tant être la protectrice, l'invincible, la vierge, je ne suis plus ni invincible, ni vierge.
Moi qui incarnais la magie du printemps, celle-ci m'a échappé, dissoute, dispersée.
Je suis vidée.
Je suis perdue.
Et je ne sais pas encore ce que le destin fera de moi. La haine pourrait me consumer, je deviendrais ce que j'ai déjà été, un être de vengeance et de sauvagerie, semant autour de moi mort et cruauté dans de grands éclats de rire. Cela, sans doute, me soulagerait. Mais j'ai déjà connu cet étourdissement, cette enivrante danse macabre. Quelles moissons apporte-t-elle ? Quelles floraisons ? La destruction est peut-être une ivresse, mais pas une vie. Ou du moins, une vie sans beauté ni grandeur.
Je te parle de moi car il n'est plus temps de faire semblant. Je sais quelle était ton affection pour moi et sans doute aujourd'hui ton inquiétude, ta culpabilité, ta souffrance. Car je te crois aussi victime que moi.
Mon esprit ne te tient aucune rigueur de ce qui s'est passé. Même, sans doute, aimerais-je revenir en arrière et faire comme si de rien n'était.
Il en va autrement de mon corps et de mon cœur. Quand je me fige, en pleine journée, happée par les images que ma mémoire m'impose, c'est ton visage que je vois, tandis que mon ventre est déchiré. Quand je me réveille en suppliant, c’est ton regard qui m'ignore.
Je ne crois pas être capable de te revoir, même si j'aimerais te consoler.
Mes vœux de guérison t'accompagnent. Tu n'as commis aucun crime, tu as été ensorcelé. Sois fort. Sois vaillant. Sois tendre. Sois digne de celle qui t'a mis au monde et qui portait la lumière dans son cœur.
Ilariël de Thalorien