Re: Les livres dont vous n'êtes pas le héros (et sans image)
Publié : mer. févr. 18, 2026 12:07 pm

SI ÇA SAIGNE
Stephen King
Je n’ai jamais accroché à Stephen King. J’ai, par le passé, tenté d’en lire mais je n’y suis jamais arrivé. J’ai un ami qui est un grand fan de l’auteur qui me reproche souvent de ne pas avoir pris le bon pour découvrir l’auteur. Alors, je lui ai demandé de m’en conseiller un, si possible pas trop fantastique, pour voir si j’avais une idée préconçue sur l’auteur ou pas. Il m’a invité à lire Si ça saigne, un recueil de nouvelles (s’approchant plus des novellas que des nouvelles) qui contient, d’après lui, la meilleure nouvelle de King, la Vie de Chuck.
Alors, ce livre contient 4 nouvelles/novellas :
La première est le Téléphone de Monsieur Harrigan. Au cours de cette longue nouvelle parcouru de personnages sans intérêt, Monsieur Harrigan, un richissime homme d’affaires venu vivre sa retraite dans le Maine, meurt et le narrateur, un adolescent qui lui fait la lecture, glisse dans sa poche de costume un téléphone dont la ligne n’est jamais coupée. Et quand le narrateur appelle pour narrer une mésaventure causée par un voyou le voyou meurt. Aucun intérêt ni dans le pseudo twist, ni dans les personnages, ni dans les narration, une longue plage d’ennui.
La seconde, la vie de Chuck, s’ouvre sur la fin des temps, le monde qui s’écroule alors que partout apparait un message « merci Chuck pour ces 39 merveilleuses années ». La première partie se termine sur la fin du monde et, ensuite, on découvre l’histoire de Chuck, qui danse dans la rue avec une inconnue sur le son d’une batterie et qui comprend que tout homme est un univers en lui-même. Bref, ça commence comme du Philipp K. Dick et ça se termine comme du Marc Lévy qui écrirait plus ou moins du fantastique. Inutilement long et ennuyeux.
La troisième contient une « enquête » d’Holly Gibney qui est, visiblement, un personnage récurrent de King. Elle doute de la sincérité du présentateur du câble qui, arrivé le premier sur les lieux d’un acte terroriste, rapporte les faits. Elle pense que c’est un monstre, un vampire psychique métamorphe qui se nourrit de la peine, de la souffrance des gens et qui a causé cet attentat pour son propre besoin. Elle rencontre un vieux policier à la retraite qui enquête depuis longtemps sur cet individu, sous ses différentes identités. A travers une relation toxique mère fille et l’Alzheimer de son oncle, on traverse cette nouvelle en se demandant pourquoi on a pris la peine de l’écrire. Peu d’intérêt, beaucoup d’ennui.
La quatrième, Rat, est la plus intéressante du recueil : Drew Larson, professeur de littérature, a écrit deux nouvelles dans sa vie et a essayé, à plusieurs reprises, d’écrire un roman. Sa dernière tentative l’a conduit au bord de la folie. Mais là, il a une idée qui lui vient et il est persuadé qu’il peut écrire ce roman. Il part donc dans le vieux chalet de son père perdu dans la campagne, où il subit une terrible tempête au cours de laquelle il sauve un rat qui lui propose alors un marché : il l’aidera à terminer son roman s’il accepte de perdre une personne qui n’est ni sa femme ni ses enfants. Il accepte, finit son roman et apprend la mort de l’un de ses amis et de sa femme. Le marché faustien valait-il le prix ? C’est la nouvelle où le fantastique est le plus subtil, mais aussi qui contient un discours intéressant sur ce qu’est un auteur et ses difficultés. Pas génial, mais sympathique, une vraie bonne note.
Bref, je ne peux qu’en conclure ce que je présupposais : Stephen King ne me parle pas. Si je n’ai rien à dire sur son écriture, je trouve ses personnages clichés, sans saveur, même quand ils sont mis en avant comme dans la première et la troisième nouvelle. Ses textes sont trop longs pour servir son propos, que je ne comprends d’ailleurs pas. Le fantastique n’est pas une porte vers une critique, simplement un élément du récit qui, au final, n’a pas plus d’intérêt pour moi que le reste. Je vais donc m’abstenir de creuser plus avant ce chemin et me tourner vers un livre qui me fera vraiment plaisir.