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Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus
Publié : dim. mai 24, 2026 4:15 pm
par Hubeuh
Il y a loin de la coupe aux lèvres
Un trio formé par Tano, Schäffer et Amaury part au dispensaire de sainte Vigla, le seul lieu de culte à peu près officiel de Hilo à Brenhaven. En effet, comme pour Prayos, leur minuscule église est fermée. À la Libération, le rituel du Nécromant, qui bloquait les relations entre les fidèles et leurs dieux, a été décrypté et dissipé, grâce aux elfes. Pour autant, au Godan, en un siècle et demi, les gens avaient perdu toute trace de la liturgie. Les dieux classiques n'étaient plus présents que dans le vocabulaire usuel. C'est bien la raison de l'ascension de la Nouvelle Flamme : les victimes de la Thanatocratie cherchaient d'autres saints à qui se vouer, dont les miracles aient des effets concrets. Ce n'est que depuis que des prêtres, venus du royaume voisin du Néryon, ont recommencé à prêcher, que les gens se tournent de nouveau vers les anciens dieux. Mais quand les fidèles ont été assez nombreux pour célébrer des messes, que les vieux temples désacralisés par la Thanatocratie auraient pu être rouverts, c'est alors que les elfes sont revenus. Par souci de précaution (envers le peuple de Brenhaven, ou eux ?), les elfes ont interdit d'ouvrir les temples.
Le docte responsable du dispensaire, Cardolam, est aux prises avec des elfes. Le sergent exige de voir les papiers de tous les malades, alors que beaucoup sont des réfugiés ou des miséreux. Il nie leur droit à rester là. Cardolam proteste, tandis que les enfaytés se saisissent de tous ceux qui n'ont pas de lettres de céans, et les emportent. Les enfants sont bien sûr leurs premières victimes. Blasé, fatigué, Cardolam répond à leurs questions, avec un fort accent néryonide. Il est bien en peine de les renseigner sur les sites religieux passés de Brenhaven, étant étranger, et à sa connaissance, aucun des prêtres de Hilo en ville actuellement n'aurait ces renseignements. Cependant, il leur conseille de se rendre au Musée de la Libération, au cas où.
En effet, peu après la Libération, alors que tous les combattants déposaient leurs armes (d'où le mur d'épées de l'auberge), certains pensaient déjà à la postérité. D'autres rongeaient leur frein, ex-collaborateurs avec la Thanatocratie qui n'attendent qu'une faiblesse de la part du royaume du Godan pour remettre en place les mécaniques autoritaires des morts vivants. C'est pourquoi le Conseil des 8 a approuvé à l'époque la création d'un petit musée, collectant autant les symboles des héros ayant libéré la ville, que les preuves des crimes commis par les morts vivants, comme rappel de l'horreur pour les générations futures. Plus grand monde ne vient le visiter.
La conservatrice, une noire guindée, vêtue avec fraise et voilette, comme lors des heures glorieuses de l'empire, Oda Menzel, est heureuse de les accueillir. Elle leur relate les hauts faits avec une émotion toute patriotique. Jusqu'au but de leur déambulation : le portrait de Serindewen, la mère de Tanorivel. L'elfe naria est morte au combat contre les armées de Cadriel, une fois le Nécromant vaincu. Tano est plein de tristesse devant le souvenir d'une mère qu'il n'a pas connue. Il leur est difficile d'obtenir d'Oda le droit de consulter les archives. Manifestement, elle soupçonne frère Amaury d'être un espion néryonide, et Tano d'être à la solde des elfes. De leur côté, à force d'insister sur les héros patriotes du royaume qui ont chassé les morts vivants, et qui le protégeraient encore aujourd'hui, ils obtiennent la quasi-certitude qu'Oda est une Légende royale, une espionne au service du roi Leudast II.
Une fois qu'elle a l'assurance qu'ils ne représentent ni les elfes, ni le Guet, elle les laisse accéder aux vieux documents de la Thanatocratie ou plus anciens, réunis dans de vieux coffres. Ils découvrent que leur auberge ne l'a été que sur le tard. Tour à tour temple-étape sur un pèlerinage dédié à un héros nommé Bren, puis ferme, puis temple à nouveau, puis auberge pendant plusieurs siècles, le bâtiment s'est transformé à de multiples reprises.
Quant aux connaissances religieuses liées à Hilo, ils reviennent sans cesse à son symbole. C'est là que Schäffer se remémore la scène. Quand ils ont récupéré les gamines, elles portaient toutes les deux des coupes de lait, hors le lait est un des symboles de Hilo. Frère Amaury le sait, l'enfance aussi. Sans le savoir, Sigrid et Magda étaient des clefs appropriées.
Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus
Publié : dim. mai 24, 2026 4:15 pm
par Hubeuh
La fleur de l'âge
Pendant ce temps, Magdalena et Isolde se rendent chez Birgit, dans le quartier du Lavoir. Elles souhaitent avant tout la sonder, pour connaître ses véritables intentions. Mais elles ont la mauvaise surprise de la trouver aux prises avec des arindeäls, les druidesses elfes, encapuchonnées. Se faisant toute petite, Magdalena repère leurs corneilles en poste devant la tour de Birgit, interdisant toute effraction mal préparée. Isolde use de ses talents d'enquêtrice pour sonder les vraies intentions des arindeäls. Elle comprend à leurs attitudes que les elfes exigent de dame Birgit un travail urgent, qu'elle a bien du mal à terminer, et qu'elles la menacent tranquillement.
Une fois parties, nos deux consœurs s'avancent, et entament la conversation. Birgit est bien connue de l'ex-lanternière, qui vient souvent lui acheter ou vendre des ingrédients. C'est une professionnelle dont les talents ne sont pas usurpés, qui passe plus de temps à l'extérieur de sa tour, à soigner les malades de toutes classes sociales, ou à avancer ses recherches, qu'à vendre ses marchandises. Par contre, elle a 45 ans passés.
Elles commencent par la plaindre, et Birgit ne se fait pas trop prier pour renchérir. Les arindeäls exigent d'elle de fabriquer un remède contre une drogue courante dans les bas quartiers, les nénuphars pourpres. Ces fleurs féeriques causent une accumulation de magie dans le sang, ainsi que des hallucinations et une altération du jugement. C'est un moyen rapide de réveiller son sorcelet, si on en a un. Ou le moyen pour un mage de hausser sa puissance quelques instants. Mais pour ceux qui l'ont définitivement perdu, ou des étrangers privés de magie, c'est un affreux piège à octessence, qui cause des fièvres à répétition, jusqu'à provoquer la mort. Elle a bien découvert des plantes pouvant soigner l'overdose. Hélas ! Elles proviennent de la Sylve, et les arindeäls refusent de lui en donner plus. Birgit n'a pas plus le droit de se rendre dans la Sylve pour en trouver d'autres. Par contre, elle sait qu'il y en a dans la forêt de l'Eibenwald, similaires, mais en moins grande quantité, et il faut en récolter plus pour obtenir le même effet. Par ailleurs, l'Eibenwald est éloignée d'un jour de marche, et considérée comme aussi dangereuse que la Sylve, en tous cas dans les contes et légendes...
Concernant son mariage, elle semble comme portée par les évènements. Elle apprécie Tobias pour son enthousiasme, et son intérêt pour l'herboristerie et la magie. Elle a d'autant plus de plaisir à lui enseigner son métier qu'elle a perdu son fils, Jan, qui l'a quittée pour rejoindre l'Eibenwald. Pressée de répondre pourquoi elle ne lui demande pas de réunir des fleurs, elle avoue qu'ils se sont disputés, après qu'elle a dû trahir son mari auprès des elfes. Jan a fui Brenhaven pour rejoindre les Ifriers, et elle n'a plus aucune nouvelle.
Birgit ne ressent aucune concupiscence envers Tobias, et sait bien qu'il est gay. Elle n'a pas l'intention d'obtenir un autre enfant de sa part, ni l'ambition de s'élever plus haut dans la société. Par contre, elle refuse qu'il jouisse d'une vie dissolue publiquement. S'il veut avoir des aventures, libre à lui, tant qu'il restera discret.
Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus
Publié : dim. mai 24, 2026 4:16 pm
par Hubeuh
La bad cave
À ce moment, Marinette vient chercher Schäffer. Magda est très malade. Effectivement, il constate qu'elle a beaucoup de fièvre. Elle souffre des mêmes symptômes que les drogués aux nénuphars pourpres. Elle a beaucoup côtoyé Sigrid, mais celle-ci n'a contaminé personne d'autre. Par ailleurs, Sigrid se porte comme un charme. Ce sont plutôt ceux qui l'approchent, qui subissent son hoquet.
Schäffer parvient à faire tomber la fièvre, mais c'est temporaire. Si rien n'est fait, la santé de Magda peut s'aggraver brutalement.
Comme il n'y a aucune chance qu'elles aient brouté des nénuphars ce matin, notre groupe en conclut qu'elles ont trouvé quelque chose de nocif aux sous-sols. La coupe de lait ne suffit pas ; Isolde va chercher Sigrid. Armés de la petite, et d'une lanterne, ils descendent les escaliers de pierre dévoilés par la vieille trappe.
Le premier constat, c'est qu'à part les traces des petits petons des filles, pas grand monde n'a emprunté ces escaliers, depuis la révolution. Seules des empreintes de chat dans la poussière trahissent les passages répétés de Minki, sans doute à l'affût de rongeurs.
Les salles voûtées, de belles pierres de taille, ont même parfois été taillées dans la roche du plateau autour duquel coude la Waldine. Dans l'antichambre, des meubles d'auberge et de la vaisselle, bien emballés, de facture impériale. Ensuite, une salle de prière dédiée à Hilo, aux murs couverts de bas-reliefs antiques. Deux couloirs transversaux révèlent le passé médical des lieux : les niches creusées dans les murs contiennent parfois encore des matelas moisis. Derrière le temple, un petit complexe contient une salle d'ablutions, une cuisine, un cellier, et quelques cellules de moines docteurs, vidées de tout mobilier.
C'est en suivant les traces qu'ils trouvent une autre trappe de pierre. Celle-ci n'est pas plus ouverte que l'autre. Cette fois, en sondant la Flamme, Amaury voit distinctement une clef faite d'aubépine. Cela semble être un véritable objet magique, et pas une métaphore.
D'ailleurs, en cherchant une clef, Schäffer découvre un compartiment secret, contenant un coffre. Avec toutes les précautions requises, Magdalena manipule les vieux feuillets. Ce sont des factures d'auberge datant de plusieurs siècles, des extraits de liturgies de Hilo oubliés, ou des titres de propriété aujourd'hui invalides. Et au milieu de tout cela, une lettre, datant de 7 siècles et demi, écrite à Haraminas, la capitale du royaume du Godan :
« Vos réclamations ont été bien comprises, et vos observations justes, pour la plupart. Comme vous le savez, notre hiérarchie est tout à fait au courant du problème, ainsi que le Bureau impérial, l'église de Prayos, et la Guilde des arcanes. Cependant, vos suggestions pour le solutionner ne sont pas applicables, pour la plupart, pour des raisons de rentabilité. Toutes les mesures possibles qui n'affecteraient pas le pèlerinage ont été mises en place, mais nous ne pouvons pas à la fois profiter du pouvoir des lieux, et continuer à soigner des gens, ou même des créatures magiques. C'est trop dangereux, que ce soit pour les patients, ou la réputation de Brenhaven.
C'est pourquoi, en vertu des pouvoirs que me sont conférés par Hilo, j'ai confié cette missive à un mage des arcanes. Il vient avec une clef magique, qui doit sceller le sous-sol où se trouve la terre sacrée. Une fois sa tâche accomplie, vous devrez quitter les lieux et rejoindre le Temple de Sainte Vigla, où vos effectifs seront redistribués, à Brenhaven ou ailleurs. La lettre qui accompagne cette missive est destinée à son éminence Elluria, qui prendra possession de la clef. J'en suis autant peiné que vous, mon ami. Hilo veille sur vous. »
Retrouver cette clef ne sera pas une mince affaire.
Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus
Publié : dim. mai 24, 2026 4:18 pm
par Hubeuh
Septième séance : où l'on cueille dès aujourd'hui les roses de la vie
Faites du bruit
Au lever, nos résistants comprennent qu'ils vont devoir composer avec un effectif réduit. Tano et Amaury étant occupés à leurs propres affaires, hôtelières ou religieuses.
De plus, Magdalena s'aperçoit qu'hier, c'était la journée de ses comparses vétérans de la Vieille garde. Ces résistants de la première heure se sont opposés à ce que le Margrave Tancrède cède les clefs de l'Arland mark aux elfes, il y a 7 ans. Hélas, ils ont rapidement été vaincus, trop peu nombreux, mal préparés et désorganisés. La plupart ont fini enfaytés, en prison, ou pire. Ceux qui restent sont ceux qui n'ont pas agi ce jour-là, et ils en conçoivent quelque honte. Chaque semaine, ils viennent commémorer leur défaite, et planifier, dans le vent, des coups d'éclat restés sur le papier, en mangeant à midi et en buvant un verre ou deux le soir. Hors, Erwin sans lune, le docker Albrecht, la potière Ilsebe, et Leinhart, le garde qui est le contact de Magdalena ne sont pas venus à l'auberge hier. C'est bien ennuyeux, parce qu'Erwin est un bon chasseur, même s'il est à moitié braconnier. Il aurait pu fournir la viande nécessaire au mariage, puisqu'il va falloir présenter à Friedrick de quoi le convaincre le lendemain soir.
Schäffer, Magdalena et Isolde considèrent leurs options, et décident que soigner Magda est le plus urgent. Ils savent que se rendre dans la Forêt de l'Eibenwald leur prendrait une journée aller, une autre retour, et au mieux une demie-journée pour trouver les plantes nécessaires. Par ailleurs, dans une quinzaine de jours aura lieu la fête de Bren, qui est célébrée par la plupart des habitants de Brenhaven à la lisière de ces bois. La Sylve est beaucoup plus proche, mais elle est aussi entourée d'un cordon d'arbres guets occupés par des archers elfes, sans compter les éventuels animaux possédés. Partant du principe que les elfes sont nyctalopes, ils conviennent qu'agir en plein jour ne les désavantagera pas, surtout s'ils prévoient une diversion.
C'est pourquoi ils vont tous les trois trouver Janelle, la musicienne. Cette dernière joue régulièrement à l'air libre, aux Halles, au Marché des bêtes, à la promenade des saules, ou sur la place de la Tour volante, jusqu'à ce que le Guet ne s'approche de trop près. Entre deux chansons sur le prix du pain et la perruque du Margrave, Janelle accepte un verre de leur part. Elle n'est pas contre jouer un vilain tour aux elfes. En fait, ils s'aperçoivent même que c'est son pêché mignon. Elle promet d'attirer à son concert impromptu assez de gens pour provoquer une esclandre, et dans un coin abrité des gardes, permettant de réunir assez de spectateurs pour que le Guet soit forcé d'appeler des elfes en renfort.
Tant qu'ils y sont, comme elle les questionne beaucoup sur la raison du raffut, ils la sondent pour la recruter. Ils y mettent les formes, mais ils ne savent pas trop qui recrute qui. Elle leur demande s'ils disposent d'une boîte aux lettres sécurisée, d'un code pour chiffrer leurs communications, ou de pseudonymes. Cela semble antinomique, pour une artiste reconnue ayant fait de l'agitation publique son fond de commerce, mais elle est versée dans le contrôle de l'information. Elle leur fait comprendre qu'elle les aime bien, et qu'elle veut bien rejoindre leur petit club. Mais elle les prend clairement pour des amateurs.
Ils conviennent d'une heure pour le concert, et se reverront au mariage.
Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus
Publié : dim. mai 24, 2026 4:18 pm
par Hubeuh
Aux airs du valet, on juge le maître
L'infiltration de la Sylve débute à la lisière du vieux quartier des monnaies, non loin de la maison de dame Isolde. Leur furtivité largement améliorée par ce qu'ils ont dépensé en petits amplificateurs alchimiques et autres gâteries, ainsi que par le camouflage procuré par de magnifiques capes et anneaux fabriqués par Magdalena, leur permet de franchir les lignes ennemies.
L'atmosphère de la Sylve est épaisse, contaminée par toutes sortes de spores aux couleurs changeantes. Le feuillage est brun, roux, jaune, ou en train de tomber, et s'accumule par terre, aussitôt décomposé et dévoré par les racines. Les fougères et les buissons, en train de perpétuellement crever, sont de types inconnus ou très rares en Arland. Le son de leurs pas, déformé, est rempli d'échos, et ils entendent les bruits d'autres créatures piétinant les feuilles, toujours hors de portée de leurs regards, mais cessant d'avancer en même temps qu'eux. C'est le paradis des champignons. Magdalena et Schäffer prennent tout un tas de précautions pour délicatement récolter ce qu'ils trouvent, tandis qu'Isolde trace leur route à grands coups d'épée.
Les légendes qui courent sur la Sylve sont nombreuses. Comme elle a remplacé l'ancien quartier royal de Brenhaven à la Libération, il s'est écoulé 10 ans, pendant lesquels toute la populace a pu essayer d'en arracher les secrets, avant que les elfes ne reviennent en interdire l'entrée. On dit que les premiers explorateurs n'en sont toujours pas sortis, plongés dans un sommeil éternel, parce qu'ils ont quitté le sentier. On raconte que les fleurs y sont dotées d'une intelligence particulière, et que ceux qui s'y risquent se changent en loups garous ou en arbre. Les maisons qui flanqueraient la Sylve seraient avalées petit à petit par la forêt, et nul ne se souviendrait de leurs habitants, dévorés aussi. On y croiserait ses propres cauchemars, odieusement déformés, mais concrets et mortels. Mais la raison pour laquelle les adolescents s'y faufilent reste la statue « perdue » de Lonegisilus Maggiere : les amants qui y jurent un amour éternel le voient exaucé. À moins que ce ne soit qu'une excuse pour aller forniquer dans les buissons...
À collectionner les plantes fantasmagoriques, qui changent de forme, chantent, ou essaient de leur échapper, notre groupe perd de vue leur objectif initial. C'est alors qu'ils surprennent des éclats de voix. Au détour d'un bosquet tourmenté, aux nœuds imitant des visages, ils aperçoivent un groupe d'elfes, mené par une noble à la robe parée de plumes de faisan et de feuilles rousses, suivi par une cour de créatures féeriques. Un faune y joue de la flûte, suivi par des pixies dotées de clochettes. Plusieurs dames fées, des iele, portent la traîne de leur maîtresse, escortées par un centaure barbu à l'air peu commode.
En étudiant leur conversation, à leur gestuaire et leurs mines, Isolde estime que la noble raccompagne des invitées chez elles, essayant de les impressionner. Ces dernières, moins apprêtées, suivent derrière, restant sagement sur un sentier d'argent, mais ni elles, ni leur cour, n'ont l'air de réellement craindre leurs environs. Étrangement, elles semblent prêtres à quitter les lieux, mais se dirigent vers le centre de la forêt. Pour la Vieille garde, qui essayait de déterminer d'où proviennent les troupes elfes, c'est un indice.
Par contre, les lutins qui portent les bagages ont franchement l'air furieux, fatigués, ou complètement absents. Certains guettent leur maîtresse et le centaure, pour essayer de fuir dans les bois, mais hésitent, et retournent dans la cohorte au dernier moment.
Patiemment et discrètement, notre trio les suit, et décide d'aider les lutins à quitter leur tyran domestique. Magdalena altère la structure d'un buisson, le faisant passer pour un groupe d'orques, et simule un vent bruissant qui attire l'attention des elfes. Curieuses, elles s'approchent de la végétation. Magdalena change les couleurs d'un taillis proche d'eux, indiquant par où aller aux lutins. Ils se carapatent plus ou moins discrètement, certains jetant les paniers et les coffrets dans la futaie, pendant que d'autres se disputent les affaires volées, semées au milieu des fougères. Les elfes les pourchassent, furieuses, mais tirent leurs sorts à côté. Décidément, le petit personnel n'est plus ce que c'était.
Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus
Publié : dim. mai 24, 2026 4:19 pm
par Hubeuh
On a toujours besoin d'un plus petit qu'un crapaud
Avant d'avoir eu le temps de les questionner, l'espace personnel de notre trio se retrouve envahi par beaucoup plus de lutins que ce qu'il leur semblait. L'un a une tête de moineau et un corps de coccinelle, l'autre est à moitié écureuil, une autre vole avec des ailes de chauve-souris et un petit corps bleuté, certains ressemblent à des bogues de châtaignier barbues... Entre ceux armés ou protégés par des ustensiles elfiques, et ceux vêtus comme des sauvages de la forêt de peaux de bêtes, de mousses et d'écorces, ils forment un groupe très disparate. Nos résistants fuient silencieusement hors de portée des elfes, et Isolde demande aux lutins où trouver des nénuphars pourpres.
Elle obtient une vingtaine de réponses incompréhensibles et discordantes, dans une langue inconnue et trop rapide à l'oreille. Comme ils ne sont pas d'accord entre eux, les lutins passent à l'action, et se battent à coups de petits sortilèges, trop vite pour être saisis. Agacée, Isolde leur intime brutalement l'ordre d'arrêter. Sous le coup de la surprise, l'un se change en taupe, un autre en pissenlit, un autre émet un violent pet, et une demi-douzaine d'entre eux s'empile dans une inexplicable pyramide de lutins. Au milieu, un vieux baveux à moitié escargot sort ses antennes, et explique lentement la direction d'une source où trouver les fleurs.
La mare autour de la source où poussent les nénuphars pourpres est peuplée de crapauds géants. Leur coassement imite le son des cloches d'église. Schäffer et Magdalena se risquent à y tremper les pieds en quête des fleurs. Le fond est couvert de racines pourries, et il y a plus d'eau qu'ils auraient cru. Bien vite, les tiges essaient de les noyer, mais ils parviennent à s'en sortir à peu près, les bras chargés de fleurs.
Pendant ce temps, Isolde, qui s'ennuie, demande aux lutins si par hasard ils collectionneraient les choses qui brillent. Évidemment ! L'un fait apparaître des lucioles, et un autre des lucioles bleutées, ce qui entraîne une dispute. Un troisième s'esclaffe, ce qu'un des crapauds interprète comme une invitation : il le gobe, avec les lucioles. Isolde, furieuse, fouette le crapaud avec son épée, et il recrache le lutin, qui s'envole en criant de plaisir, applaudi à la cantonade.
Déçue, Isolde fait plutôt appel à ses pouvoirs draconiques, et se concentre sur le plus proche objet de valeur. C'est là qu'elle comprend que son lien avec son trésor est très ténu, comme s'ils étaient loin du monde réel. Mais elle obtient une direction, et s'y dirige avec ses comparses crottés, obstinément.
Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus
Publié : dim. mai 24, 2026 4:20 pm
par Hubeuh
D'habitude, c'est Hans qui s'occupe du jardin
La forêt n'aime pas les voir prendre cette direction, et les lutins leur font savoir qu'ils préfèrent s'arrêter là. Ils se promettent de se retrouver plus tard, mais le où semble nettement plus compliqué.
Notre trio parvient à un grand tertre verdâtre, d'où émerge un clocher tordu. Isolde l'escalade, pour s'apercevoir qu'il est constitué de troncs et de branches épineuses, et qu'il cache une bâtisse. Elle entrevoit une statue, et sur le poitrail de celle-ci, on peut voir le symbole d'Hilo : une coupe dans laquelle un œil pleure.
Le temps qu'elle en avertisse ses camarades, les racines s'écartent comme un rideau craquant, révélant une entrée à l'odeur d'humus. Il en sort comme une langue géante, faite de ronces entrelacées. L'énorme serpent végétal fond sur Schäffer et le blesse. Le médecin le gèle, ce qui réduit l'épaisseur de son armure de branches, tandis que Magdalena l'entraîne entre les troncs environnant, retournant l'avantage de sa taille contre lui. Hélas, Isolde, qui se débat avec les ronces, n'est pas très à l'aise, et la créature ne sent pas ses coups. Le serpent mord ensuite Magdalena, puis donne un coup de queue à Schäffer, qui l'attaque avec des éclats de glace. Mais Magdalena n'a pas dit son dernier mot, et de toutes ses forces, sans aucune maîtrise de son geste, abat un gourdin improvisé, creusant un trou dans le bois. Furieux (pour autant que puisse l'être un végétal), le serpent se jette alors sur eux. Ils courent pour leur vie, semant Isolde derrière. Après avoir subi une pluie de coups hasardeux, mais efficaces, de la part de Magdalena et Schäffer, le serpent chancelant se prépare à tuer l'un ou l'autre. Dame Isolde, essoufflée, le poignarde avec son épée d'un petit coup par derrière. Ce qui suffit à l'éparpiller. Elle se jure intérieurement de s'entraîner un peu mieux à l'avenir, alors que ses collègues l'acclament. Ils restent persuadés que c'est une grande guerrière.
Prudemment, ils explorent la ruine, qui s'avère être le fameux temple de Sainte Vigla, ou du moins ce qu'il en reste. La végétation a fait exploser les murs, et la quasi-totalité des pièces sont effondrées ou inaccessibles. Mais derrière une colonne, une portion de mur abattu laisse apparaître un reliquaire en morceaux. La végétation s'est saisie de la clef d'aubépine, et semble s'y être connectée. Ils l'arrachent prestement, et vident le contenu du reliquaire : deux potions, une pour désamorcer les pièges, et une autre pour retrouver son chemin.
Voilà qui serait bien utile maintenant, mais ils font confiance à leur chance.
Ils croisent quelques elfes en train de errer dans les sous-bois, comme drogués. Ils comprennent plus tard que ce sont les esprits endormis des elfes, reliés à leurs corps par des cordons d'argent, qui doivent sans doute méditer quelque part en ville.
Ils débouchent sur une clairière. Au centre de celle-ci, un adolescent courbé est figé, le poing crispé sur une fleur. Ses habits sont usés, et il a un nid sur la tête, occupé par un gros merle. Notre trio se doute que le pauvre hère a été hypnotisé, ou paralysé, par la fleur. Mais Isolde se méfie du merle. Magdalena rétorque qu'il a l'air complètement normal. Ce n'est pas comme s'il allait protester. Le merle se fâche vertement, annonçant qu'il parle si, et quand, il en a envie. Désarçonnés, mais pas désarmés, notre trio essaie de monter un plan par signes, pendant que le merle pérore. Isolde tourne autour du merle pour le distraire, mais ils ne se sont absolument pas compris avec Magdalena et Schäffer, et rien ne se passe. Ils entament alors avec lui une difficile tractation. La négociation avec le merle, pour déménager son nid dans un endroit qu'il considère comme douillet, est sans merci. Mais il finit par accepter qu'on le déplace, non sans changer d'avis plusieurs fois. C'est important, l'emplacement : il ne faudrait pas que les feuilles envahissent le nid, ou qu'il se remplisse d'eau. Et choisir ses voisins n'a pas de prix.
Prudemment, ils forcent l'adolescent à lâcher la fleur sans la respirer. Ils comprennent à son sac rempli de fleurs séchées qu'il était là pour en collecter. Schäffer le soigne, et petit à petit, en le faisant marcher, en le nourrissant, il reprend ses esprits. Dagwin explique être entré dans la Sylve il y a 8 ans, et le retour des elfes devenus tyranniques l'effraie. Mais c'est surtout de retourner dans sa vie d'avant qui le décourage. Il n'a aucune envie de retrouver le Roi des rats, qui faisait payer sa protection en le forçant, lui et d'autres, à aller récolter des ingrédients magiques pour les revendre, dont les nénuphars pourpres. Il n'a qu'une douzaine d'années, et il était trop jeune pour avoir le droit, comme ses aînés, de profiter d'un raccourci que les autres rats prenaient pour explorer la Sylve. Dagwin est un orphelin, et il accepte bien volontiers la proposition de rejoindre les rangs de l'auberge.
Sûrs d'eux, et anticipant un retour triomphal à l'auberge, ils courent à toute vitesse sous le nez des elfes en sortant de la Sylve. Et ces derniers, trop peu nombreux pour la zone à surveiller, sont leurrés par leur équipement magique. À leur arrivée, le couvre feu sonne. Isolde, profitant de son laisser passer nocturne, va apporter les échantillons à Birgit, pour qu'elle élabore un remède le plus vite possible.
Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus
Publié : dim. mai 24, 2026 4:23 pm
par Hubeuh
Septième séance : où le mariage confine à la folie
Charité bien ordonnée commence par un poltergeist
L'argent dégagé de la vente à Birgit des plantes cueillies dans la Sylve a servi à payer les artisans retapant l'auberge de l'épée. Tanorivel, pendant que les autres jonglaient avec des lutins, plantait des clous sur le toit, en pestant que Magdalena ferait cela très bien. Désormais, la salle privée est rouverte et plutôt cosy, les cheminées ramonées, et toutes les chambres remises à neuf. Il ne leur manque que les annexes à rénover : écuries, ateliers, forge, et surtout brasserie, pour préparer la cuvée de la Fête de la Bière, qui marquera le début de l'été.
Il est 7 heures : le coq chante, ainsi que Marinette, qui, décidément, trouve que la condition de chambrière est bien mal considérée, d'un cri aigu. Tous les présents grimpent aux étages, pour la trouver dans une des chambres privées, devant un cadavre, couché dans un lit. Le client s'appelait Thierry, et il n'a pas eu une vie facile. Le clochard venait de temps à autres quémander les restes à Klaus ou Guilhelm. Hier au soir, il dépensait sans compter ; tournées générales. Il expliquait avoir reçu un paquet d'argent d'un mécène surprise. Une fois examiné par Schäffer, le verdict tombe : il en est mort. Une rune nécromantique dans son dos explique son décès nocturne. Sur ces entrefaites, Frère Amaury, qui revient d'un prêche, détecte le mal. Il est formel : maintenant, il y a un fantôme dans la chambre.
Pour Isolde, il ne fait aucun doute qu'on leur a envoyé ce mendiant à retardement mourir chez eux, pour les plonger dans l'embarras. Et le coupable le plus logique serait bien sûr Carmichaël, d'autant plus que Tharivel, l'oncle de Tano, les a averti qu'il se vengerait sans doute un jour de leur cambriolage. Pourtant, selon Marinette, le mécène de Thierry était un gentil prêtre de Prayos... Le froid dans la chambre s’aggrave. Amaury étudie la pièce, et Magdalena la rune : l'exorcisme risque d'être coton. Celui qui l'a tracée peut protéger le fantôme à distance.
Ils avaient bien besoin de ça ! Si ce soir, lors de la présentation à Friedrick, il y a un quelconque signe de hantise, ils auront tout préparé pour rien. Et, en parlant de préparation, il leur reste une journée seulement pour trouver de quoi impressionner Friedrick, et deux pour organiser le mariage.
Klaus a profité de la journée d'hier pour négocier avec Enguerrand de Weingut un contrat fournissant la boisson : du bon vin pétillant du nord de l'Arland. Il y a fort à parier que cette alliance avec la baronnie de Weingut sera fructueuse.
Pour dénicher de la viande, il n'y a plus beaucoup de solutions. Tanorivel part chasser. En prenant sa forme féerique monstrueuse, il accumule en une matinée une quantité fantastique de gibier, tués le long de la Waldine. Mais encore faut-il l'introduire ensuite en douce en ville. Il n'a aucun permis de chasse, et, pris, il serait considéré comme braconnier. D'un autre côté, des demi-elfes de sa condition ne sont pas courants, et Tanorivel est connu par les gardes comme aubergiste. Il est crédible qu'il se promène avec de la viande, même s'il devrait détenir un papier déterminant sa provenance.
Alors qu'un garde se rapproche de lui, un marchand essaie de resquiller et double tout le monde vers la sortie de la ville. Les soldats protestent et veulent le ralentir. Les archers elfes sur les murs ne le ratent pas : le tricheur est cloué au sol de plusieurs flèches, à quelques pas de Tano. Celui-ci rentre avec la viande, content que cela ne soit pas lui.
Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus
Publié : dim. mai 24, 2026 4:23 pm
par Hubeuh
Schäffer essaie de son côté de mettre la main sur des aliments moins onéreux : œufs, pain, lait, poissons, volailles... Il traverse les Halles, mais il sait déjà qu'il ne va pas trouver grand chose. Cependant, Schäffer a l'adresse d'un contact dans le quartier des graines, situé hors de la ville. De l'autre côté des grands routes, et des quartiers des réfugiés, le quartier des graines est un faubourg agricole, où sont vendues les denrées que l'on retrouve ensuite aux Halles, surtout par des paysans qui n'ont pas de patente pour les vendre à l'intérieur. On lui a donné le nom de Thelma, avant que Schäffer ne quitte son village natal, et il sait qu'elle est une prêtresse d'Obad-haï.
Le temple rustique, décoré d'animaux de ferme, est situé au milieu d'un bosquet sacré. Obad-haï est le dieu de la faune et de la flore, ambivalent, tour à tour satyre ou enfant, eunuque hivernal qui récupère son sexe au printemps.
Malgré sa présence à Brenhaven depuis plusieurs mois, Schäffer n'avait jamais rencontré Thelma. La vieille dame, vêtue d'une toge brodée de gerbes de blé, se remémore sa promesse, et accueille Schäffer à bras ouverts. Schäffer lui expose son problème de fournitures, et elle triture sa natte. Ce sera compliqué de pourvoir en si peu de temps d'autant de nourriture. Elle peut réunir de quoi faire un panier pour le soir, mais pour obtenir ce qu'ils veulent, il leur faudra déployer quelques efforts plutôt que de la monnaie. En effet, elle connaît un village, Hasloch, à trois heures de Brenhaven, qui a des problèmes domestiques. Ce n'est pas tant qu'ils n'ont rien à manger, c'est qu'on leur vole leur production régulièrement. S'ils veulent un fournisseur fiable, nos résistants devront aller aider ces villageois. Schäffer estime que c'est une bonne idée, et promet qu'ils y feront un tour, sans doute demain. Thelma chante alors d'étranges gazouillis, et un vol de mésanges survient. Elle leur confie la nouvelle, pour en avertir les villageois.
De son côté, Frère Amaury part embaucher de l'aide pour effectuer l'exorcisme. Il sent bien qu'il n'y arrivera pas seul. Il retrouve son collègue à la fois dans le culte de Prayos et dans celui de la Flamme, Erhart. Il n'a pas le temps de développer qu'Erhart lui demande si c'est encore le même problème qui le préoccupe. Amaury explique qu'il ne voit pas trop de quoi il parle. Erhart lui rappelle un incident qui a eu lieu il y a plusieurs semaines, quelques jours après leur excursion dans le quartier des brumes. Amaury a manifestement un trou de mémoire, alors qu'il était concerné au premier chef. C'est lui qui a découvert que l'une des initiées, Augusta, qui venait d'arriver du Norland, était hantée, lors d'un cours sur la détection du mal, dans leur école théologique. Comme l'affaire pouvait être grave, Amaury a été adjoint à un chevalier Morgenhund, Bretcher. Personne n'a trouvé l'origine de la possession embryonnaire d'Augusta. L'a-t-elle subie dans sa contrée maudite ? En traversant les Steineheisse ? Augusta a été exorcisée, et l'affaire en est restée là. Troublé, Amaury demande à Erhart de venir manger avec lui à l'auberge.
L'espionne aux pattes de velours
Magdalena, quant à elle, se rend à la tour de Birgit, dans le quartier du Lavoir. Elle trouve porte close : Birgit est en pleine élaboration du remède, elle n'a pas dormi. Magdalena lui demande si elle a besoin d'aide, et Birgit accepte volontiers. Les efforts de Magdalena permettent à Birgit de terminer le remède pour Magda à la fin de la matinée. Gisila et Guilhelm remercient chaleureusement Magdalena pour avoir sauvé leur fille. En récompense pour avoir sorti Birgit du pétrin, Magdalena recevra la recette du remède contre l'abus de nénuphars pourpres dès qu'elle sera achevée.
Prise d'une inspiration, Isolde voudrait s'assurer que Janelle va bien. Elle fait un saut au Schlosschen, la caserne du Guet, pour croiser Sebastian. Le garde se souvient qu'il y a bien eu une échauffourée la veille, qui a mis en danger tout un groupe de spectateurs excités, menacés par les elfes. À tel point que les arindeäls s'en sont mêlées. Comme Magdalena voulait savoir ce qu'il en était, Isolde demande aussi si Sebastian a des nouvelles de Lenhart, un ami de l'ex-lanternière. Pour autant que sache Sebastian, il va bien.
Isolde court jusqu'à la maison de Janelle. Elle découvre la musicienne effondrée, pleurant sur sa guitare. Ses mains ont été changées en pattes de chat. Pas de félys, de chat. Les arindeäls ont été vraiment cruelles. Compliqué de jouer dans ces conditions. Ou de faire quoi que ce soit d'autre. Janelle a absolument besoin de faire parvenir un paquet au marchand Raubtier d'ici ce soir. Mais elle a du mal à le tenir. Isolde promet de l'y accompagner.
Elles font un crochet par les portes est et sud. Elles finissent par trouver un garde qui a bien vu Erwin sans lune quitter la ville, comme il le fait pour chasser. Si Lenhart et Erwin vont bien, pourquoi ne sont-ils pas venus à leur rendez-vous hebdomadaire de la Vieille garde, l'avant-veille à l'auberge ? Isolde commence à soupçonner qu'ils ont été recrutés par la concurrence...
Ils terminent leur tour par l'échoppe minable de Raubtier, dans le quartier du port. La cave est gardée par des gros bras, qui semblent venir de prison. C'est une caverne d'Ali Baba, remplie d'objets de valeurs diverses. Le félys, vêtu comme un bourgeois, doté d'une épaisse crinière velue et d'un béret de la Renaissance, est d'une amabilité pateline. Il avoue être peiné que Klaus ait refusé son prêt. Il reçoit le paiement de Janelle pour le paquet, et lui promet qu'il partira aux postes royales, comme d'habitude, caché dans un lot. La bourse qu'elle dépense est bien trop volumineuse pour que ce soit la sienne.
Isolde ramène Janelle à l'auberge, en lui promettant qu'ils vont trouver un moyen de la guérir.
Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus
Publié : dim. mai 24, 2026 4:24 pm
par Hubeuh
Pac-pac-pac ! Pacman à l'attaque !
Leur repas leur permet de partager les informations et de planifier leur après-midi. Guérir Janelle serait indispensable pour le mariage. Mais auquel cas, les elfes le verront. Isolde et Tano proposent de masquer ses mains une fois guéries, avec une illusion. Mais les elfes verraient alors qu'elle a été guérie. Janelle préférerait qu'il la masquent entièrement. Hors, ils connaissent un illusionniste, qui travaille pour Carmichaël. Ils savent que le gnome Tawyn Grenwyr vient de temps à autres à leur auberge pour les espionner. Mais comme il leur a promis, il s'annonce au videur. En même temps, ils n'ont aucun moyen de vérifier qu'il n'est pas là à d'autres moments, sous d'autres apparences.
Pour la guérir, il faudrait dissiper la magie lancée par les arindeäls. La difficulté réside plutôt dans le talent de celui qui va dissiper que dans la rareté du contresort. Certains prêtres de la Nouvelle flamme pourraient s’acquitter de la corvée, tout comme les Lanterniers.
Frère Amaury leur présente Erhart. Ils le mettent en confiance, avant de lui faire comprendre qu'ils s'opposent parfois aux elfes. Après avoir jeté un œil aux mains de Janelle, il devient plus difficile de le recruter. Mais ils le rassurent. Ils ne lui feront jamais commettre quoi que ce soit qui le mette en danger. Comme Erhart est déjà dans la semi-clandestinité du Culte de la Flamme, il apprécie que nos résistants se dévouent pour aider les plus faibles.
Même si Amaury n'en est pas plus rassuré, Schäffer lui révèle que les troubles de mémoire sont un problème récurrent à Brenhaven, qui touche plutôt les gardes, les notables ou les érudits. À ce moment-là, Erhart réalise que la sauce dans son assiette prend la forme d'un crâne. Il est temps de sévir.
Tanorivel reste avec Amaury et Erhart pour l'exorcisme. Pendant deux bonnes heures, ils s'escriment à asséner des paroles sacrées, à opposer leur volonté contre celle du nécromancien. Le demi-elfe les encourage avec une musique épique. Ils subissent en retour les jets de mobilier (en particulier Tanorivel, qui rencontre un tabouret maléfique), le froid et les hallucinations qui les blessent et les affaiblissent. Ils en viennent à bout, mais n'ont aucune envie de recommencer.
Après le repas, Schäffer repart voir Thelma. Comme elle sait faire venir des oiseaux, il lui propose d'assister au mariage, et de faire venir des oiseaux lors des vœux des mariés. Afin de décorer la pièce (et les oiseaux), le vieux médecin réunit aussi des brassées de fleurs, tandis que Thelma va engager une dizaine d’extra en plus du personnel de l'auberge pour le lendemain.
Magdalena, elle, va, sur les conseils de Janelle, rencontrer une sculptrice, nommée Rosa.Son atelier, dans le quartier des Halles, expose de magnifiques œuvres extrêmement détaillées. Et pour cause, Rosa est une golem. Elle a tout le temps devant elle, et perfectionne certainement son art depuis avant la révolution et la Thanatocratie. Comment a-t-elle survécu aux années, tout en gardant sa santé mentale, écrirait sans doute un roman entier.
Magdalena procure à Rosa des croquis des fleurs qu'elle aimerait voir figurer sur la vaisselle, et même décorer les murs. Rosa l'entraîne dans son atelier, et lui montre les échantillons de gypse, de quartz et de marbre qu'elle va utiliser. Elle est heureuse d'aider une amie de Janelle, et promet qu'elle ne leur facturera pas la main d’œuvre. Mais le prix reste largement hors de leurs moyens, ils n'ont plus aucune liquidité. Rosa leur fait crédit : ils la rembourseront après le mariage.
Re: [CR] Pax elfica : et pour quelques elfes de plus
Publié : dim. mai 24, 2026 4:24 pm
par Hubeuh
Je vois bien que nous ne sommes, nous tous qui vivons ici, rien de plus que des fantômes ou que des ombres légères
À Isolde échoit l'enquête sur le mécène suspect, le trou de mémoire d'Amaury et les possessions surprises. En se rendant au Schlosschen, elle apprend de la bouche de Sebastian que les phénomènes de hantise sont courants. Dernièrement, les arindeäls se sont en particulier mêlées de plusieurs d'entre elles : entre autres, une dans l'ancienne maison de Johanna de Perthari, et une dans celle du trafiquant nain Baldir. Isolde en conclut que le responsable est lié aux Crocs d'obsidienne, qu'ils ont affronté dans le quartier embrumé. Après tout, ils ne savent pas si Deidrych a survécu, ou si, mauvaise nouvelle, la liche Agamnor s'est réincarnée à moitié, faute de n'avoir accès qu'à une dague, dans Deidrych...
Ensuite, elle se rend à la commanderie des Morgenhunds. Ces chevaliers ont prêté serment de protéger les civils contre les morts vivants. Ils sont censés être au service de la reine régente du Godan, Brisayn la reine verte. Mais sur le terrain, leurs rapports avec les elfes sont tellement étroits qu'on les surnomme les chiens des elfes. C'est un véritable petit château fort, juché sur un îlot de gravier volcanique charrié depuis les Steineheisse, anciennement utilisé par les douanes, puis les morts vivants, qui se dresse à une dizaine de mètres de la berge.
Elle finit par trouver le chevalier Bretcher en train de s'entraîner. Il commence par nier toute implication en noyant le poisson, puis par assurer que tout a été résolu par les elfes. Quand elle demande des éclaircissements, ses talents d'enquêtrice lui permettent de comprendre qu'il a lui aussi essuyé une amnésie. Elle le rassure, et lui promet de ne pas le citer dans son enquête. Il lui annonce que la seule chose dont il se souvienne, c'est de s'être rendu à la Maison aux griffons, une ancienne bâtisse du quartier de la rivière, non loin d'ici.
Sur le trajet du retour, elle entend les cris, portés par le vent, du griffon emprisonné par le margrave, au sommet du Fort Greifstark. Pauvre bête, enlevé à ses parents encore dans un œuf, pour servir de monture à un noble éperdu d'orgueil. Vers la fin de l'empire de Godanéryon, un mage a trouvé un moyen pour élever l'espèce des griffons à la conscience, au moins autant que les aigles géants. Mais ce spécimen n'a jamais été éduqué par les siens. Condamné à la sauvagerie, il n'a épargné qu'une des arindeäls, qui a su le monter et prouver ainsi ses pouvoirs au margrave Tancrède.
Sentant venir le piège, dame Isolde rameute tout le groupe. La Maison aux griffons date certainement de la Thanatocratie, ou bien elle a été rénovée à ce moment-là. Les griffons éponymes sont menaçants, les fenêtres de vitraux toutes en hauteurs, les murs fortifiés, et le toit hérissé de chevrons pointus. Une tourelle termine la demeure à l'est, où Frère Amaury localise la source du mal, grâce à la Flamme.
La porte d'entrée étant fermée, ils passent par derrière. Magdalena crochète la porte, mais elle est ébranlée, happée par les chuchotements d'une ombre à la lisière de son champ de vision. Ils se demandent à quel point la maison est maudite, ou protégée par des pièges. La maison semble abandonnée depuis de longs mois. La nourriture a pourri dans la cuisine, les toiles d'araignée ont envahi les dorures des tableaux de famille sinistres. Les fenêtres sont masquées par des rideaux épais. Ils échappent à d'autres pièges, mais se sentent espionnés par les ombres.
La double porte de la bibliothèque est ouverte par Magdalena, et tous sont frappés par les murmures funestes. Schäffer entend même une voix l'appelant, une voix de vieil homme, presque familière, depuis une porte menant au bout de la bâtisse ; probablement la tourelle.
Au centre de la bibliothèque aux nombreux rayonnages, un vieil érudit leur tourne le dos. Il leur enjoint d'entrer. Amaury essaie immédiatement de percevoir le mal dans cet individu, et la Flamme le met vivement en garde : il le voit sous sa véritable apparence, sans trait de visage, sa démarche fractionnée, comme s'il disparaissait du monde réel par intermittence, ses gestes accélérés ou ralentis sans raison.
Pourtant, il ne le prend pas au sérieux, et quand le spectre les accueille chaleureusement, Amaury l'admoneste. Il exige brutalement de connaître son avancement dans sa mission, essayant de se faire passer pour son maître hypothétique. Dame Isolde lui emboîte le pas. Hors, ce fantôme n'a conservé l'intégrité de son intelligence qu'en se basant sur la conviction qu'il en sait plus qu'autrui, et que les autres sont naïfs, ou fous. Le prendre de haut en tentant de le tromper n'était vraiment pas une bonne idée.
Il leur rétorque qu'ils sont des malades mentaux, ou bien manipulés. Par ailleurs, il aimerait, si possible, qu'Amaury cesse de le déranger. Car son affaire n'en est pas vraiment une. C'est déjà la troisième fois qu'il vient, seul ou avec des amis, pour lui poser des questions sur des problèmes de possession ou de hantises. À chaque fois, le spectre lui a intimé l'ordre de n'en parler à personne, sous peine d'avoir la mémoire effacée par sa propre hiérarchie.
Et c'est bien normal, car il dénonce le culte de Prayos comme étant constitué de fantômes illusionnistes, qui cachent leur nature de morts vivants avec leur magie. Ce seraient eux derrière le phénomène qui frappe chaque mort : non seulement les cadavres ont une chance sur 2 de se relever, mais en plus, aucune âme ne pourrait rejoindre ni enfer, ni paradis. Elles seraient coincées dans la moitié des cas dans l'astral, et dans l'autre (quand cela engendre un mort vivant) dans l'éthéré.
Quant aux elfes, s'ils ne font rien, ce serait parce qu'ils sont eux-mêmes aux ordres de morts vivants : des dracoliches !
Pire ! Les hantises dont parle Amaury ne seraient que des avants postes des fantômes et des spectres, venus d'ailleurs. Mais pas vraiment d'outreplan, en fait, du monde réel. Car, contrairement à ce qu'ils croient, nos résistants ne vivraient pas dans la réalité, mais dans un écho éthéré. Ce qu'ils croient être le vrai monde ne serait qu'une simple possibilité, de comment aurait pu tourner la Libération si les elfes avaient réussi leur coup. Et cette version fausse de la réalité serait contenue dans une demie dimension, qui serait en train de s'effondrer sous les coups de boutoir de tous ces morts vivants affamés. Pour leur interlocuteur, dans le vrai monde, le Nécromant a perdu, mais l'archiliche Cadriel a pris sa place, restauré la Thanatocratie, éliminé les elfes, et rasé la Nariamorién...
Blasée de tant de paranoïa, Magdalena le transperce avec son bâton. Et, s'il y a bien quelque chose qu'un spectre, persuadé d'être encore en vie, déteste, c'est qu'on lui prouve l'inverse. Paradoxalement, la terreur magique qui les frappe n'épargne que Magdalena, qui se retrouve seule avec le fantôme conspirationniste. Il n'a manifestement plus envie de discuter. Alors, avant qu'il n'en fasse de la chair à saucisse, elle décide sagement d'avoir peur toute seule comme une grande sans qu'on l'y force, et fuit aussi. Les ombres tentent de les tuer, vidant leurs âmes de sa substance, à mesure qu'ils courent de toutes leurs forces hors de la maison. Hébétés et incapables de courir, Schäffer et Magdalena sont soutenus par Tano et Amaury.
Pantelants, livides, incapables de se concentrer, ils se rendent à la démonstration devant Friedrick. À peine reçu les premiers soins par leur médecin, lui-même tremblotant, ils doivent faire bonne figure. Inutile de dire que leur prestation n'est sauvée que par le personnel de l'auberge, ainsi, bien sûr, que la qualité des mets et des échantillons reçus depuis le début de la journée.
Pourtant, Friedrick Müller n'en a cure. Pour lui, rien n'est bien : les plats insipides, la décoration banale, les animations rustiques, le personnel grossier, et le cadre, n'en parlons pas. Malheureusement pour lui, il est venu avec Tobias, qui bout à mesure que se déroule sa tirade, et sa femme, Marlène. Celle-ci prend la parole, et lui rappelle qu'ils ont déjà eu toutes les peines du monde à faire avaler un mariage à leur fils, ce serait bien qu'il fasse des concessions. Friedrick s'emporte, et jette son chapeau par terre. Il accepte de signer le devis dispendieux, en les menaçant des pires fléaux si le mariage n'est pas à la hauteur.
Honnêtement, vu tous les efforts qu'ils ont fait, ils en seraient les premiers déconfis.