I Spit on Your Grave (Meir Zarchi, 1978) : un écrivaine new-yorkaise loue un chalet isolé pour y être au calme et écrire son premier roman. Quatre hommes lui tendent un piège, la violent tour à tour et la laissent pour morte. Elle survit et veut se venger.
Egalement connu sous les noms
Œil pour œil et
Day of the Woman.
Après
Massacre à la tronçonneuse je continue ma petite promenade dans l'Amérique rurale et bucolique des années 70. S'il n'est pas le premier film appartenant au sous-genre horrifique du
rape & revenge,
I Spit on Your Grave est sûrement un des plus célèbres. Je m'attendais à un pur film d'exploitation de son époque, ultraviolent, gore, basique et filmé avec les pieds. J'ai eu l'agréable surprise de découvrir un film bien plus fin et intelligent que ça. Attention, ça reste un film d'horreur fauché plein de sang et de nudité, avec des acteurs amateurs pas très bons. Mais il y a quelque chose en plus. L'actrice principale, Camille Keaton, est excellente dans un rôle qui a dû être très difficile. Son personnage, Jennifer, est développé, c'est une femme intelligente, libre, que le réalisateur ne sexualise jamais gratuitement. Oui elle passe une bonne partie du film totalement nue mais ce n'est jamais lubrique.
La scène de viol est très longue, tétanisante et difficile à regarder, surtout que la caméra nous met régulièrement à la place des agresseurs, faisant de nous des complices des horreurs qui se déroulent. La vengeance prend également les attentes à contre-pied : Jennifer n'utilise pas la violence extrême des violeurs, ne "devient pas un homme" pour atteindre son but. Au contraire, c'est en reprenant possession de son corps et en s'affirmant femme qu'elle réussit. Elle regagne sa liberté, comme le montre le long dernier plan du film qui accompagne une partie du générique de fin.
Surpris, donc, de découvrir des aspects résolument modernes dans ce film. Je m'y attendais pas. Si l'expérience vous tente, je précise quand même que, sans jamais être gore, le film est
très violent et malsain. Ça ne passera pas pour tout le monde.
Les Trois Visages de la peur (Mario Bava, 1963) : une femme seule chez elle reçoit des coups de téléphone anonymes lui annonçant qu'elle est surveillée et qu'elle va mourir dans la nuit. Une famille russe du XIXe siècle est victime de vampires. Une infirmière vole un bijou précieux sur le corps d'une patiente morte.
C'est un film à sketchs qui présente trois histoires horrifiques. Le maître de cérémonie, qui introduit et conclut le métrage, est incarné par Boris Karloff, qui a l'air de bien s'amuser. C'est inégal mais dans l'ensemble très réussi. La première histoire,
Le Téléphone, est la plus faible du lot. C'est un huis-clos dans un appartement, rythmé par les appels téléphoniques de plus en plus menaçants à une femme de plus en plus effrayée. Le scénario est plein de trous, c'est un peu longuet et le "twist" final est ridicule. Je sauve quand même la fin marrante en mode "tel est pris qui croyait prendre" et bien sûr la beauté de Michèle Mercier.
Le deuxième segment,
Les Wurdalaks, est le plus long et le meilleur. Vaguement inspiré d'une nouvelle d'Alexis Tolstoï, cousin éloigné de Léon, l'histoire aborde le folklore slave du XIXe siècle et plus particulièrement les vourdalaks, des vampires qui ont la spécificité de s'attaquer en priorité aux personnes qui les aiment. La photographie est superbe, très Hammer avec sa brume, ses ruines et ses vieilles bâtisses. L'histoire est sombre, sans espoir. Boris Karloff est excellent en patriarche sévère et violent d'une famille qui ne sait plus à quel saint se vouer.
Enfin,
La Goutte d'eau est une histoire de revenant vengeur, classique mais très réussie. En volant la bague d'une morte, ancienne médium, une infirmière devient la cible de la vengeance de son fantôme. C'est le segment le plus flippant, encore une fois la photographie est soignée, plus généralement la DA est très belle (le visage de la morte, le manoir, l'appartement de l'infirmière) et la conclusion façon
Quatrième Dimension est bien vue.
