Salut, ça doome ?
De mon côté dans le blog dédié, parmi 41 bonnes nouvelles, j'ai récolté plus d'aliments que d'habitants dans le monde, la suspension d'importation en France des produits à pesticide, les détections d' "état de soumission chimique" remboursées, un téléphérique en Ile-de-France, et un boom des nids de tortues.
Dans le fil Énergies, la taxe carbone aux frontières européennes, et la chute historique de la production d'électricité par charbon en Chine et en Inde.
Et voici les infocerises nerdy de la semaine.
Bretons > pharaons
Un barrage contre l’Atlantique ? Un mur submergé de 120 mètres de long, ainsi qu’une dizaine de structures plus petites construites par l’homme il y a environ 7 000 ans ont été découverts au large de l’île de Sein (Finistère), a-t-on appris ce jeudi 11 décembre auprès des scientifiques.
«C’est une découverte très intéressante qui ouvre des perspectives en archéologie sous-marine, pour permettre de mieux comprendre comment étaient organisées les sociétés littorales», a expliqué Yvan Pailler, professeur en archéologie à l’Université de Bretagne occidentale (UBO) et coauteur d’un article paru dans l’International Journal of Nautical Archaeology.
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Datées entre 5 800 et 5 300 ans avant J.C., ces structures, immergées sous 9 mètres d’eau, ont été construites à une époque où le niveau de la mer était beaucoup plus bas qu’aujourd’hui. (...)
Ce «savoir-faire technique» des habitants de Sein aurait donc précédé les premières constructions mégalithiques de plusieurs siècles, à l’image des alignements de Carnac (Morbihan) érigés vers 4 500 avant J.C.
https://www.liberation.fr/sciences/arch ... IQTFDCGAM/
Peut-être le premier cas répertorié d'utilisation d'outil par un loup sauvage
En 2023, les casiers à crabes installés le long de la côte de la Colombie-Britannique ont commencé à présenter des dommages mystérieux. La nation Heiltsuk (Haíɫzaqv), un groupe autochtone, les avait installés pour capturer les crabes verts européens, une espèce envahissante et destructrice. Parfois, les casiers étaient détruits. D'autres fois, leurs filets étaient déchirés. Ceux qui s'en prenaient aux casiers cherchaient toujours les godets en plastique contenant des morceaux de hareng ou de carcasses d'otaries. Cela ressemblait à l'œuvre de loups ou d'ours, mais comme la plupart des casiers endommagés restaient immergés à marée basse, il s'agissait peut-être d'otaries ?
Pour le savoir, des scientifiques, en partenariat avec les Heiltsuk Guardians, un groupe qui surveille le territoire et mène ses propres recherches, ont installé en mai 2024 une caméra pointée vers un casier à crabes sous-marin. La caméra a filmé un loup en train de voler un appât dans un casier à crabes. Dans une nouvelle étude décrivant ce comportement dans la revue Ecology and Evolution, les chercheurs suggèrent que cet incident pourrait être le premier cas rapporté d'utilisation d'outils par un loup sauvage.
La vidéo montre une louve sortant de l'eau et tenant une bouée dans sa gueule. Reculant, elle marche sur la plage rocheuse et pose la bouée. Elle retourne ensuite dans l'eau et saisit la corde qui s'étend depuis la bouée avec ses dents afin de rapprocher un objet invisible du rivage. Une fois le piège (un cône formé d'une armature métallique recouverte d'un filet) exposé, elle l'attrape dans sa gueule et le tire vers les eaux peu profondes. Elle fouille et mâche le filet, libère l'appât, avale son casse-croûte et s'éloigne fièrement.
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L'éthologue Bradley Smith, de l'université Central Queensland à Adélaïde, en Australie, convient que la valeur de cette observation ne réside pas dans sa conformité avec les définitions des chercheurs en matière d'utilisation d'outils. « Cela ne doit pas nous empêcher de reconnaître qu'il s'agit là d'un exemple impressionnant et évident de résolution de problèmes et de réflexion de haut niveau », déclare M. Smith. Cet événement démontre une planification orientée vers un objectif, la compréhension d'une récompense cachée, la résolution de problèmes en plusieurs étapes et la persévérance, même si tous les loups ne sont pas aussi doués que celui-ci.
https://www.nationalgeographic.com/anim ... like-tools
Rigueur éthologique ou pas, la vidéo est effectivement impressionnante :
https://youtu.be/SiuQF68tdWI
Le bacon de cette truie était délicieux. Mais elle est bien vivante.
Je suis en train de manger Dawn, la truie du Yorkshire, et elle est plutôt savoureuse. Mais ne vous inquiétez pas. Elle se porte à merveille et gambade dans un sanctuaire dans le nord de l'État de New York. (Il paraît qu'elle apprécie les caresses sur le ventre et le soleil.) Je suis à San Francisco, dans un restaurant italien juste au sud du Golden Gate Park, en train de déguster des boulettes de viande et du bacon qui ne sont pas faits à partir de viande au sens traditionnel du terme, mais à partir de plantes mélangées à de la graisse de porc « cultivée ». Dawn, voyez-vous, a donné un petit échantillon de graisse, que la société Mission Barns a fait proliférer dans des appareils appelés bioréacteurs en leur fournissant des nutriments tels que des glucides, des acides aminés et des vitamines, reproduisant ainsi les conditions présentes dans son corps. Comme une grande partie de la saveur du porc et d'autres viandes provient de la graisse de l'animal, Mission Barns peut créer des produits tels que des saucisses et du salami à partir de plantes, mais en leur donnant un goût très proche de celui des saucisses et du salami.
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Il faut également quantifier l'amélioration environnementale que pourrait apporter la graisse cultivée par rapport à la production industrielle de porc. Si elle est développée à grande échelle, l'un des avantages des aliments cultivés pourrait être que les entreprises pourraient les produire dans davantage d'endroits. Ainsi, au lieu d'avoir des élevages porcins et des abattoirs tentaculaires relégués dans les zones rurales, les bioréacteurs pourraient être exploités dans les villes, ce qui réduirait les coûts et les émissions liés au transport. Toutefois, ces usines auraient besoin d'énergie pour cultiver les cellules adipeuses, même si elles pourraient fonctionner à l'électricité renouvelable. « Nous avons modélisé notre processus à grande échelle commerciale, puis nous l'avons comparé à la production de bacon aux États-Unis », a déclaré M. Le. (L'entreprise n'a pas souhaité donner de détails précis, affirmant qu'elle était en train de breveter sa technique.) « Et nous avons constaté qu'avec les énergies renouvelables, nous obtenons des résultats nettement meilleurs en termes d'émissions de gaz à effet de serre. »
https://grist.org/climate-energy/this-p ... -and-well/
Invention : une variété de blé capable de produire son propre engrais
Le projet a été dirigé par Eduardo Blumwald, professeur émérite au département des sciences végétales. Son équipe a utilisé l'outil d'édition génétique CRISPR pour augmenter la production par le blé d'un de ses composés naturels. Lorsque la plante libère la quantité supplémentaire de ce composé dans le sol environnant, elle favorise le développement de bactéries qui transforment l'azote de l'air en une forme facilement absorbable par les plantes. Ce processus est connu sous le nom de fixation de l'azote.
Les résultats ont été publiés en ligne dans le Plant Biotechnology Journal.
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À l'aide de CRISPR, l'équipe a modifié génétiquement du blé afin qu'il produise des niveaux plus élevés d'une flavone appelée apigénine. Comme les plantes modifiées produisent plus d'apigénine qu'elles n'en ont besoin, l'excédent est libéré par leurs racines dans le sol. Lors d'expériences, l'apigénine supplémentaire a encouragé les bactéries du sol à former des biofilms qui protègent la nitrogenase, permettant ainsi aux bactéries de fixer l'azote sous une forme utilisable par le blé.
Lorsqu'il était cultivé dans des conditions très pauvres en engrais azoté, le blé modifié produisait des rendements plus élevés que les plantes témoins.
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Cette nouvelle variété de blé s'appuie sur les progrès réalisés précédemment par l'équipe dans le domaine du riz, et d'autres études explorent actuellement la manière dont cette approche peut être appliquée à d'autres céréales.
https://scitechdaily.com/new-self-ferti ... m-farming/
« Des toilettes aux champs » : cette usine transforme l’urine en engrais
Que faire des 1 000 litres de liquide ammoniaqué produits chaque mois par les dix logements de l’immeuble valentinois ? La réponse à cette pressante question se situe à une dizaine de kilomètres, dans la station d’épuration de Portes-lès-Valence. C’est ici qu’Emy Cretegny a ouvert une petite usine d’urinofertilisants, baptisée Factopi. En clair : elle fabrique des engrais à base de pipi.
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« On collecte les urines dans des lieux collectifs, on les transforme dans notre unité, puis on livre les engrais obtenus aux agriculteurs intéressés, explique Emy Cretegny. Avec le pipi de 100 personnes, on peut fertiliser 2 hectares chaque année. » Pas de quoi rendre la France indépendante en intrants, mais une petite goutte salutaire dans un océan d’agrochimie.
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Inaugurée en novembre, l’usine tourne encore au ralenti. Mais à l’intérieur du local, plusieurs cuves sont déjà remplies de liquide doré. « Ici, on laisse l’urine pendant un à six mois, pour qu’elle s’hygiénise : les pathogènes éventuellement présents sont tués par la réaction chimique qui se produit naturellement », indique l’ingénieure.
Puis, le liquide est envoyé à travers des filtres de charbon végétal, où il percole lentement. « Ces filtres abritent des bactéries capables d’oxyder l’azote, poursuit-elle. Ça permet de stabiliser la substance et de la rendre plus assimilable par les plantes. » Cerise sur le gâteau, cette filtration retient également une partie des résidus médicamenteux potentiellement présents dans nos effluents.
Et… c’est tout. Bien que long, le processus n’est ni complexe, ni énergivore. « On voulait quelque chose de low-tech et open source, même si on vise une production semi-industrielle », précise Emy Cretegny. D’après le projet de recherche Agrocapi, les fertilisants ainsi obtenus ont « une forte efficacité en tant qu’engrais azoté, proche des engrais minéraux », pour un bilan environnemental bien meilleur.
https://reporterre.net/Le-pipi-de-100-p ... e-urine-en