Godzilla manquait à ma culture, alors j'ai regardé
Godzilla Minus One sur Netflix. Il faut dire qu'il m'avait bien tenté à sa sortie au cinéma, mais que je l'avais manqué. Globalement, j'ai bien aimé, même si le film ne restera pas non plus un coup de foudre sans mélange.
Au niveau des qualités :
- Godzilla est tout simplement magnifique. On jurerait une présence physique façon animatronique, mais non, apparemment ce sont des images de synthèse. Le film n'a pas volé les récompenses reçues pour ses effets visuels !
- Godzilla a vraiment l'air énorme et fait vraiment peur.
- Le scénario est un bon point d'entrée dans l'univers de Godzilla, j'ai l'impression : pas de cross-over, pas de références nécessaires pour comprendre, c'est juste l'histoire de Godzilla qui attaque et de comment on survit.
- C'est bien joué, avec un côté théâtre filmé.
- Le rythme est lent, mais ça me va, parce que ça met bien en valeur le travail des acteurices, les décors, costumes et effets spéciaux.
- La musique est bien dosée.
- On a l'impression d'être en 1947.
Au niveau des problèmes :
- ... on a l'impression d'être en 1947. L'attitude envers le Japon impérial de la période de la guerre est hyper ambiguë. C'est une histoire de mecs virils, patriotes, belliqueux, vaguement complotistes et qui ignorent ce que c'est que l'humour. Et il y a littéralement trois femmes dans le film (deux enjeux émotionnels et une nounou). Même pas une secrétaire quelque part. Je veux bien croire que le Japon avait des rôles de genres différents dans les années 40 mais boudiou la gênance.
- On ne sait pas du tout ce que le film veut dire sur le Japon, ni sur la guerre. Il y a des signaux assez contradictoires, mais ça reste quand même bien militariste.
- Un "collectif de citoyens" qui se fait prêter quatre destroyers par l'État et qui opère tranquillou dans la baie de Tokyo, maisouicestcela.
La toute première apparition de Godzilla n'est pas effrayante, il apparaît trop vite et trop frontalement. C'est mieux ensuite.
- Krr krr krr la scène avec Gozilla affublé d'une ceinture de bouées
Bref, je n'échangerai pas mon baril de
Le Vent se lève ou
Le Garçon et le Héron de Miyazaki contre un baril de Godzilla Minus One. Mais ça m'a tout de même bien plu de découvrir enfin un "vrai"
Godzilla japonais, et j'ai bien envie de regarder les vieux films (le souci étant plutôt de les trouver, mais ça doit bien traîner en DVD d'occasion ou sur Sooner).
En attendant de mettre la main sur les vieux films, j'ai regardé
Godzilla : La Planète des monstres, toujours sur Netflix.
Le concept m'a bien plu : un
anime de SF où l'humanité a dû fuir la planète à cause de Godzilla, a connu le premier contact avec des extraterrestres humanoïdes devenus des alliés, et revient sur Terre après vingt ans de voyage... pour découvrir que 20 000 ans ont passé et retrouver la planète complètement transformée. Bref, on prend du
Godzilla, on mélange avec du
Star Trek et
Jurassic Park II : Le Monde perdu de Spielberg, on secoue et on sert avec force musique orchestrale.
Le pitch et le développement de cette nouvelle époque sont le principal point fort du film, je dois dire. On a plein de choses sur Godzilla (puis sur les autres monstres) et un peu de lore sur la culture de cette alliance humains-ET en exil, qui forment une parfaite inspi pour du jeu de rôle. Aventure collective qui ménage aussi les moments les plus touchants
.
L'animation est très correcte, mais les ambiances de couleur assez ternes et les environnements assez monotones. Godzilla m'a paru un peu moche au début, mais on s'y fait et il est tout de même bien impressionnant. Il manque un peu de nuances de couleurs pour le détail de sa peau, je trouve, mais c'est dur de passer après la superbe version de
Godzilla Minus One.
L'ambiance est (encore) virile et militaire, avec (encore) un personnage belliqueux qui veut réparer son honneur, (encore) des amis-collègues virils qui lui gueulent dessus avant de lui concéder un respect réticent mais très digne, et (encore) des, ah non,
un seul personnage féminin qui passe son tems à avoir peur sans faire grand-chose d'autre. Ah, le futur !
Le scénario est subtil et varié pendant trois quarts d'heure, avant de laisser place, sans grande surprise, à de la grosse baston. Même chose pour le développement des personnages, qui s'arrête poliment afin de céder toute la place à l"action, le souci étant qu'au bout du compte les personnages ne sont guère approfondis. Dans l'intervalle, on a tout de même des considérations intéressantes sur Godzilla et le sens de sa venue, vu par le prisme d'une culture religieuse E.T. : ce sera vraiment intéressant si c'est creusé dans les suites. Le rebondissement final est amusant
et on se demande vraiment comment ces malheureux humains-et-gentils-E.T. du futur vont pouvoir s'en sortir sur une planète pareille.
Bref, un film intéressant dans son principe, mais dont les suites vont devoir développer un peu plus ses personnages et (dans l'idéal) approfondir encore cette nouvelle époque afin de ne pas s'embourber dans un enchaînement de scènes d'action vides. On va bien voir...