Jennifer's Body (Karyn Kusama, 2009) : Jennifer et Needy sont des amies inséparables malgré leur relation parfois compliquée. Un soir, après avoir accompagné un groupe de rock dans leur van, Jennifer revient... différente.
Celui-là je le revois tous les quatre ou cinq ans, souvent pour le faire découvrir à quelqu'un, et ça passe toujours aussi bien. Le film a été boudé à sa sortie, avec un accueil critique et public souvent négatif. Il connaît une nouvelle vie depuis quelques années ; avec le mouvement MeToo sont arrivés nombre de films féministes, écrits et réalisés par des femmes. Grâce à cette vague
Jennifer's Body a enfin été apprécié pour ce qu'il est vraiment. Karyn Kusama et la scénariste Diablo Cody nous offrent en effet une œuvre résolument féministe dont les éléments surnaturels et horrifiques sont essentiellement des métaphores du harcèlement, du sexisme et de la réappropriation de son propre corps quand on a subi un traumatisme.
La relation entre Jennifer et Needy est au centre du récit. Ambiguë, toxique mais malgré tout parfois très belle, elle met en avant ces deux jeunes filles pleines de doutes et de défauts, victimes des injonctions sociales. Et au-delà de ça Jennifer's Body est une chouette péloche horrifique avec quelques scènes franchement réussies.
Ah, et pour parler JdR, le film est 100%
Monsterhearts-compatible, à tel point qu'à des moments j'avais l'impression d'assister à des manœuvres de PJ ou de MC. Jennifer est une pure Goule dévorée par la Faim et Needy (rien que ce surnom...) ressemble énormément au Mortel, dépendant et aveuglé par l'amour.
En cherchant une image du film, j'ai appris que Karyn Kusama avait récemment annoncé une suite, toujours avec Megan Fox et Amanda Seyfried dans les rôles principaux. J'espère que ça se fera.
The Artist (Michel Hazanavicius, 2011) : 1927. George Valentin est un star du cinéma muet. Il fait la connaissance de Peppy Miller, une jeune femme qui rêve de devenir actrice.
Je l'avais pas revu depuis sa sortie. C'est une jolie réussite. Faire un film muet en noir et blanc en 2011, il fallait oser et Michel Hazanavicius était parfait pour relever le défi. Tout au long de sa carrière le réalisateur a parlé de son amour pour le cinéma (les deux
OSS 117,
Le Redoutable,
La Classe américaine,
Mes amis,
Coupez !) ou plus généralement du pouvoir de la fiction (
Le Prince oublié).
Le format de
The Artist n'est pas qu'un gimmick, un énorme travail est accompli pour "faire vrai", dans la gestuelle des acteurs, le grain de l'image, le rythme... Je regarde assez régulièrement des films muets et j'ai vraiment apprécié cette expérience. Également, en plus de la forme, le fond m'a intéressé également, en traitant cette période charnière qu'a été le passage du muet au parlant, qui a permis l'émergence d'une nouvelle génération d'acteurs et actrices et qui dans le même temps a démoli de nombreuses carrières.
Et quel plaisir de voir cette ribambelle de gueules du cinéma américain : John Goodman, James Cromwell, Malcolm McDowell, Ed Lauter, Beth Grant...
L'Attaque des fourmis géantes (Ron Carlson, 2017) : un groupe de hard rock de seconde zone est en route pour jouer dans un festival. En chemin ils s'arrêtent dans le désert pour prendre du peyotl en espérant retrouver l'inspiration.
Hommage aux films de bestioles géantes des années 50 (
Des monstres attaquent la ville,
Tarentula !,
L'Attaque des crabes géants...),
L'Attaque des fourmis géantes est une comédie gentiment horrifique complètement fauchée, à la limite de la série Z, qui peut se résumer à son pitch : hard rockeurs sur le retour vs. fourmis géantes. Les insectes en CGI sont plutôt moches, et le reste est assez navrant, même si j'ai pu me marrer devant quelques dialogues ou situations débiles.
La curiosité, c'est surtout la présence de Sydney Sweeney, pas encore une méga star à l'époque, qui joue une
scream queen de film d'horreur dans toute sa splendeur : elle passe une heure en bikini à se droguer et à hurler, avant de se faire bouffer par les fourmis géantes dans une gerbe de sang.
