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[CR] L'Anneau Unique 2E

Publié : jeu. sept. 24, 2026 6:39 pm
par Mildendo
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Les Havres gris, printemps de l’an 2965. Les mouettes survolent le fleuve Loune et zigzaguent entre les tours élancées et les mâts des navires. Un nombre important tournoie au-dessus du chantier naval et des visiteurs qui foulent les quais en poussant des cris étonnés ; de mémoire de Laridés, on n’a jamais vu en Mithlond un groupe aussi disparate : une elfe, une rôdeuse du nord, une hobbite et un nain !

Le nain (incarné par @Le moine errant) s’appelle Frör, fils de Floki. Il appartient au peuple de Durin mais il est originaire des Montagnes bleues où il a grandi, bercé par les souvenirs de la grandeur et des malheurs du peuple nain. Inspiré par les exploits de Thorin Lécudechesne, il a, dès que sa barbe a été assez fournie, entrepris un périple jusqu’à la Montagne solitaire où il s’est découvert une vocation de Messager. Depuis, il arpente la grande route de l’est en Ériador et c’est dans le village de Brie qu’il a rencontré Esgaliel la rôdeuse et Perle Chaumine la hobbite.

Esgaliel (incarnée par @Arnoul) a embrassé la vocation de Championne. Elle a tous les atours d’une rôdeuse du nord : de longues bottes qui lui remontent jusqu’aux genoux, une grande cape qui cache une épée démesurément large (et dévastatrice) ; elle se distingue toutefois par la tiare ornée d’une gemme qui rehausse son noble front.

Perle Chaumine (incarnée par @Munkki) est une hobbite Érudite originaire du Comté. Atavisme Touque ou simple trait de caractère, elle est curieuse et discute avec tous les gens de passage. Cette curiosité l’a poussé à se rendre à Brie où vit son frère ; elle y a rencontré Frör et Esgaliel avec qui elle s’est liée.

Tarandis (incarnée par @Landvaettr) est une elfe du Lindon, Capitaine de vocation. De nature joviale (pour une elfe), elle s’est toujours sentie en porte-à-faux au milieu des elfes contemplatifs des Hâvres gris. Jeune (90 ans), elle a le sentiment d’appartenir davantage aux Terres du Milieu qu’à Valinor et se sent l’obligation morale de lutter contre l’avancée de l’Ombre.

La rencontre entre les quatre aventuriers a été fortuite. Frör, Esgariel et Perle ont sauvé Tarandis d’une périlleuse situation dans laquelle elle s’était fourrés alors qu’elle enquêtait sur la rumeur d’un loup garou sévissant dans la région. Il manquait à Tarandis la Capitaine un groupe à mener ; il manquait au reste du groupe un but pour partir à l’aventure ; le groupe d’aventuriers ne demandait qu’à se constituer.

Pour l’heure, les PJ sont aux Havres gris, sur les quais du chantier naval où sont construits les navires qu’empruntent les elfes pour quitter définitivement les Terres du Milieu. Ils ont été conviés par Cirdan, le charpentier des nefs, qui avait déjà à l’œil la remuante Tarandis. Il veut tester les aventuriers avec lesquels elle s’est associée en leur confiant une tâche qui le préoccupe. Un navire en partance pour le Valinor est retenu à quai parce qu'une passagère manque à l’appel : Nalien. L’elfe s’était montrée de plus en plus troublée à l’approche du départ et faisait régulièrement référence à la bataille de Fornost (livrée il y a mille ans contre le Roi-Sorcier d’Angmar), au cours de laquelle elle avait perdu une amie très chère. Cirdan craint qu’elle n’erre dans les Champs du massacre (où ont eu lieu les combats) et, en tant que garant, y envoie les PJ.

Re: [CR] L'Anneau Unique 2E

Publié : jeu. sept. 24, 2026 7:38 pm
par Mildendo
Petite note d'intention avant de céder la place aux joueurs qui feront les CR de cette campagne.

Dans d'autres parties du forum, j'ai relaté la relative déconvenue de notre table après la partie-test de la 2ème boîte d'initiation (Aventure dans la montage). Si le scénario de cette boîte est représentatif de la proposition ludique de l'Anneau Unique 2E (contrairement à la boîte des hobbits), le système a été perçu comme très punitif. Selon moi, ces règles ne le sont que si l'on espère trouver dans le jeu des oppositions équilibrées et des combats forcément remportés par sait utiliser les rouages du système. Or, si on relit le premier volume du SdA, que voit-on ? Des hobbits sauvés in extremis des griffes du vieil homme saule puis des esprits des tertres par Tom Bombadil ; une première rencontre avec les Nazguls qui laisse le protagoniste aux portes de la mort ; un magicien occis par un Balrog et un Boromir tué par des orques.

Gemini m'a permis de faire une synthèse sur l'héroïsme chez Tolkien (cf ci-dessous). Je l'ai présentée aux joueurs lors de la session #0 pour éviter les discordances entre leurs attentes et les miennes.

Gemini a écrit :1. L'anti-héroïsme et le triomphe des petits
Puisque le mal moderne et totalitaire (incarné par Sauron ou Saroumane) repose sur la force, la technique et la tyrannie, il ne peut être vaincu sur son propre terrain. Tolkien rejette l'idéal du surhomme ou du guerrier invincible antique.
La réalité de la faiblesse : Les véritables héros sont les Hobbits (Frodon, Sam, Merry, Pippin), des êtres casaniers, ignorés des grands de ce monde, physiquement vulnérables et terrorisés par les épreuves.
Le renversement des valeurs : Le salut de la Terre du Milieu ne dépend pas des coups d'épée des rois (Aragorn ou Théoden, aussi nobles soient-ils), mais de l'endurance de créatures ordinaires portant un fardeau qui les broie.

2. L'héroïsme de l'action sans garantie de succès (Estel)
L'action héroïque chez Tolkien se détache complètement du calcul utilitariste ou rationnel de la victoire.
Agir sans espoir mesuré : Devant la Porte Noire ou dans les sentiers du Mordor, il n'y a plus d'« hope » (d'optimisme fondé sur les probabilités de survie).
Le choix du bien pour lui-même : le héros tolkienien fait preuve d'estel : il choisit d'accomplir son devoir et de soutenir le bien simplement parce qu'il est juste, en acceptant l'échec potentiel et en s'en remettant à une Providence supérieure qui dépasse l'entendement.

3. L'héroïsme de la pitié et de la retenue
Face au mal qui est une corruption (une absence de bien), la réaction héroïque ne consiste pas à éliminer ou à dominer brutalement, mais à préserver et à pardonner.
Le refus de la souillure : le véritable héros refuse d'utiliser les armes de l'ennemi (refuser l'Anneau, que ce soit Gandalf, Galadriel ou Aragorn), car s'emparer du pouvoir du mal pour faire le bien mène inévitablement à la corruption intérieure.
La pitié salvatrice : l'acte le plus héroïque de Frodon et de Bilbon n'est pas un acte de violence, mais la pitié envers Gollum. C'est cette clémence, incompréhensible pour le monde cynique de Saroumane ou de Sauron, qui permet ultimement le salut, le mal s'autodétruisant par ses propres contradictions.

4. L'héroïsme de la charge portée (le fardeau)
Le héros de Tolkien n'est pas un conquérant auréolé de gloire, mais un porteur de fardeau. Frodon est brisé par sa quête ; il ne revient pas triomphant en vainqueur dominateur, mais mutilé, marqué à vie dans sa chair et dans son esprit par le mal qu'il a combattu. L'héroïsme tolkienien est donc profondément sacrificiel et christique : il accepte de descendre dans l'obscurité pour que d'autres puissent voir la lumière.

Re: [CR] L'Anneau Unique 2E

Publié : jeu. sept. 24, 2026 9:28 pm
par gobo
Super la synthèse. 👍
Si j'ai l'occasion, je te la vole.